Le choix de l’Europe — par Roger Martelli

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La newsletter du 19 janvier 📨

par Roger Martelli

Au moment où l’Europe en tant qu’institution et en tant que projet est fragilisé à mort, Roger Martelli prend parti et propose des axes pour la refonder sans éluder ce qui l’a tellement fragilisé. Cette refondation doit avoir les ambitions des fondateurs et soumises à l’approbation des pays et des peuples.

Après avoir fait des offres de négociations séparées au président Trump, ne voilà-t-il pas que le chancelier allemand se met à envisager un continent sans Union européenne ! Certes l’UE montre depuis longtemps défauts et fragilités. Mais jamais, au plus fort des turbulences, on n’avait entendu de telles perspectives…

Faut-il se réjouir d’une dislocation de l’UE ? Depuis des décennies, une partie de la gauche dénonce l’orientation d’une Europe devenue néolibérale et souligne que ces choix font souffrir les peuples et l’affaiblissent. Il y avait une critique politique, pas forcément un refus de la perspective européenne. Car l’Union européenne a pour elle d’être à une échelle garantissant l’efficacité de son action. Par sa richesse cumulée, elle est au troisième rang mondial, nettement devancée par la Chine et talonnant les États-Unis même s’il est vrai qu’elle est vieillissante, que son poids démographique est moins grand.

Dans le maelström européen qui dure et s’aggrave, la tentation d’envisager un destin national séparé peut-il s’envisager ? La France a des atouts. Elle compte à l’échelle mondiale et peut s’appuyer sur les ressources de son histoire, de sa diversité, de ses richesses matérielles et humaines. Pourtant, nous croyons qu’elle ne saurait à elle seule faire face à des enjeux gigantesques, qui conditionnent pour certains la survie même de l’humanité. Elle doit se penser dans un monde où de grands États-continents, Chine, États-Unis, Russie affichent des ambitions de puissance, de domination, d’hégémonie et même de conquête…

Aussi croyons-nous à la fois que la France n’a pas d’autre voie que de faire le choix de l’Europe, mais que l’Europe elle-même doit aujourd’hui faire des choix. Les atermoiements des dirigeants européens face à Donald Trump soulignent qu’il n’est plus temps de s’engluer dans les conforts anciens et la routine quotidienne. Encore faut-il débattre sur le souhait de rebâtir un édifice désormais au bord de la ruine. En fait, il faut tout remettre sur la table, en envisageant tous les scénarios possibles, y compris les pires.

Certains envisagent d’accentuer la pente libérale et technocratique. D’autres veulent maintenir la logique concurrentielle, tout en renforçant les dérives autoritaires. Certains rêvent d’une Union européenne autonome qui accepte la guerre des puissances. Quelques-uns envisagent l’Europe comme une puissance appuyée sur une Amérique en conflit ouvert avec le « Sud global ». Un peu partout, on continue à disputer de la forme fédérale ou confédérale que doit prendre l’Union.

Selon nous, ce sont des choix radicalement différents qui devraient s’imposer : une Europe ouverte sur le monde, préoccupée par la paix et le bien-être, unie par des pratiques démocratiques…

… la suite à lire sur regards.fr

Roger Martelli

🔴 PRÉSIDENTIELLE DU JOUR

Portugal : l’extrême droite progresse, le centre droit se tait

Au premier tour de la présidentielle portugaise, ce dimanche, le centre gauche a créé la surprise et est arrivé en tête : le socialiste modéré António José Seguro recueille 31,1% des voix. Le candidat de centre droit du parti au pouvoir, João Cotrim Figueiredo, a péniblement atteint les 16%, tandis que l’extrême droite accentue sa percée avec André Ventura à 23,5% et se qualifie pour le second tour. Dans un pays marqué par la mémoire de la dictature salazariste et par une transition démocratique longtemps citée en exemple, la dynamique est lourde de sens : l’extrême droite double son score par rapport à la précédente présidentielle. Une progression spectaculaire, qui dit l’enracinement d’un courant réactionnaire désormais central dans le jeu politique national et européen. Autre fait aussi notable qu’inquiétant : le premier ministre sortant, de centre droit, Luís Montenegro, a refusé de donner la moindre consigne de vote pour le second tour. En clair, le centre droit se dérobe et refuse de choisir entre le centre gauche et l’extrême droite. Des lendemains qui hantent.

P.P.-V.

ON VOUS RECOMMANDE…

« J. D. Vance, la revanche d’une Amérique », sur France TV, est un remarquable documentaire consacré au parcours et à la personnalité du vice-président américain, et à la fulgurance de sa radicalisation. Gamin de la Rust Belt, élevé par une mère toxicomane, il fut militaire en Irak avant d’entrer en politique chez les Républicains. D’abord modéré, il fut un anti-Trump revendiqué (il l’avait traité d’« Hitler américain » en 2016), ayant des amis trans et marié à une femme hindoue. Il a progressivement basculé jusqu’à devenir, notamment après l’assassinat de Charlie Kirk, une figure jugée légitime par les franges les plus dures du camp MAGA. Ayant franchi toutes les lignes rouges vers une extrême droite néonazie et suprématiste avec le zèle des nouveaux convertis, Vance ne peut plus faire marche arrière. Dauphin de Donald Trump à qui il a prêté allégeance, il ambitionne de lui succéder… et cela fait déjà froid dans le dos.

C’EST CADEAU 🎁🎁🎁

Gregory Bovino, le « commandant en chef » des gardes frontières américains, nouvelle égérie de la police anti-immigrés de Donald Trump, s’est offert un nouveau look. On se demande d’où lui vient l’inspiration…

ÇA SE PASSE SUR REGARDS.FR (mais pas que…)

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