Est-ce qu’on a perdu Ruffin ?

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François Ruffin est un homme de surprise. C’est son style. Alors, quand il vote la suspension de la réforme des retraites, beaucoup se sont demandé où était passé le Ruffin de Nuit debout.

« Je suis social-démocrate » : en novembre 2022, la Une du Nouvel Obs avait fait grand bruit. Le député-reporter n’avait pas dit exactement cela : il se déclarait social et démocrate. Qu’à cela ne tienne, François Ruffin modifiait son image, troublait ses soutiens.

Que devenait celui qui, associé à l’économiste « plus radical tu meurs » Frédéric Lordon, proclamait « Plus jamais PS » ? C’était le serment prononcé devant et avec une foule mobilisée contre les lois Travail du ministre de l’économie, Emmanuel Macron, et son prête-nom Myriam El Khomri. C’était pendant les « Nuits debout », invention toute ruffinienne qui renouvelait les formes d’engagements en ces années 2016.

Un an plus tard, c’est contre l’élection d’Emmanuel Macron que François Ruffin se lève. Au soir du débat entre le candidat et Marine Le Pen, il écrit un texte qui marquera ses lecteurs. Il répète 20 fois à l’endroit de celui qui va être élu président de la République « Vous êtes haï » : « Vous êtes haï, monsieur Macron, et je suis inquiet pour mon pays […] que la « fracture sociale » ne tourne au déchirement. Vous portez en vous la guerre sociale comme la nuée porte l’orage. À bon entendeur. » Toute cette missive contient ce que va faire et être François Ruffin : le porte-parole de ceux qui ont souffert de la mondialisation, de l’Europe libérale. Il va le faire d’une façon qui lui est propre : comme un journaliste et comme un artiste-réalisateur. Chez François Ruffin, la forme c’est le fond. Il ne parle pas des gens en général, il leur donne un prénom, un métier. Il parfait son image d’homme enraciné et proche du quotidien en débarquant à la tribune de l’Assemblée nationale avec un maillot de foot pour défendre les clubs amateurs et trouver les mots qui le racontent. Il n’est pas de Paris et ne parle pas la langue Science Po.

La gauche à l’ancienne

Ainsi François Ruffin s’est bâti une popularité et une visibilité. Son identité politique va de plus en plus s’autonomiser de celle de La France insoumise. Est-ce avec le tournant de 2019 que cela vrille entre François Ruffin et le mouvement de Jean-Luc Mélenchon ? Alors que le leader insoumis, hier à cheval sur la laïcité façon intransigeante, fait le choix de participer à une manifestation contre l’islamophobie, François Ruffin sèche : il a foot. Faux et ridicule de prétendre qu’il est raciste comme l’ont scandé des manifestants ce soir de juin 2024, place de la mairie de Montreuil. Mais vrai qu’il n’adhère pas au virage stratégique de La France insoumise. François Ruffin ne comprend pas vraiment les questions « identitaires » : elles ne font pas partie de son expérience et restent largement hors de son champ. Le féminisme, les mouvements décoloniaux, les luttes LGBT…

Il n’est pas contre mais ce n’est pas sa came. « Il m’a fallu changer et je ne suis pas au bout de mon chemin », reconnait-il volontiers. Il pense que c’est par la remise au centre de la question sociale que l’on surmontera les divisions qui rongent le peuple. Il traque Bernard Arnault dans « Merci Patron ! » pour donner un visage aux riches et aux puissants : que la colère puisse se cristalliser sur eux et non sur « les cassos » et sur les immigrés. C’est donc du social qu’il parle et il le fait dans des termes connus. François Ruffin fait dans le classique : « Depuis Marx et Jaurès, la gauche, notre gauche, rassemblait le peuple sur une base de classe, d’intérêts matériels,les ‘travailleurs« . Dans une note de blog, Manuel Bompard, le coordinateur de LFI, lui répond : « En refusant que l’on puisse aussi construire des rapports de classe par la mobilisation des affects, et pas seulement dans la conflictualité capital/travail, il fait preuve d’une conception économiciste du marxisme extrêmement réductrice. En assumant de positionner le racisme en dessous du ‘social’ dans la pile des priorités, il montre son incompréhension de la dimension pleinement sociale de la lutte antiraciste. »

Si François Ruffin n’est pas tellement intersectionnel, il est très gilet jaune. Il est parmi les premiers à se rendre sur les ronds-points avec sa caméra. Il dira souvent sa joie de voir ceux qu’il considère comme les siens relever la tête.

En parallèle, il développe une approche singulière des enjeux écologiques. François Ruffin croit à l’alliance entre une jeunesse éduquée critique du consumérisme, et le monde populaire. Il défend une logique de plafond et de plancher plutôt qu’une limitation par l’argent. Il se montre assez dubitatif sur les technologies, le « technosystème » ; plus volontiers low-tech ; il interroge la question du sens du progrès.

Avec ses vidéos bricolées dans sa cuisine, sa diction saccadée, il construit sa place dans le paysage politique : bien à gauche mais très singulier ; social et quasi décroissant.

En 2022, il repart sous les couleurs de La France insoumise… mais dès l’été, les désaccords se disent, se lisent avec le reste de LFI. Après les 22% de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle et la création de la Nupes, les insoumis installent durablement leur magistère au cœur de la gauche. Leur groupe est passé de 17 à 75 députés. Mais François Ruffin, lui, chagrin, voit l’écart grandir entre « les tours et les bourgs ». « Nous avons des faiblesses géographiques, presque partout hors des métropoles, dans les communes de moins de 100000 habitants. Nous avons une faiblesse sociale, dans le salariat modeste, un peu au-dessus du Smic. Et nous avons une faiblesse démographique, chez les personnes âgées, qui sont de plus en plus nombreuses et qui vont voter. Nous ne serons pas majoritaires sans combler ces lacunes, au moins un peu.La ‘jeunesse et les ‘quartiers populaires ne suffiront pas. » François Ruffin reproche au mouvement de Jean-Luc Mélenchon de ne s’implanter que là où il gagne et d’abandonner trop d’ouvriers au RN.

Le désaccord va se généraliser. Il porte aussi sur la tactique politique. François Ruffin plaide pour que LFI se montre moins clivante, qu’elle exerce sa nouvelle hégémonie politique. « Au lieu de se placer au centre de l’échiquier, LFI s’est mise dans un coin. Elle est même devenue un repoussoir. Elle a ouvert un espace au centre-gauche. » Il fut très modérément écouté. En juillet 2024 c’est la rupture, sanglante. François Ruffin se casse. Et se fait réélire député, seul dans un département devenu terre de force du RN. Il suit ses camarades ex-insoumis au groupe Écologistes – le groupe communiste leur ayant claqué la porte au nez – mais il reste à distance des autres têtes dures : François Ruffin n’a aucun goût pour les réunions et ne veut rien négocier avec Clémentine Autain et Alexis Corbière. Il ne rejoint pas l’Après et crée son parti, « Debout ! ». Il voyagera léger. 

C’est donc d’accord avec lui-même qu’il énonce ses positions protectionnistes. Depuis longtemps « plus nation que commission (européenne) », François Ruffin voit dans la nouvelle ère trumpienne l’occasion de relancer ses propositions : souveraineté et protection sur 100 produits vitaux pour la nation. En tête de liste l’acier, pour avoir les moyens d’une politique industrielle. François Ruffin trace sa route.

Stratégie d’un président-reporter

Son nouvel objectif : gagner la primaire de la gauche non-mélenchoniste. Il nous confiait en septembre 2024 : « Ma mission, c’est que la gauche referme la parenthèse libérale ouverte par le PS en 83 ». François Ruffin a-t-il la stratégie du coucou ? Espère-t-il se faire adouber par les sociaux-démocrates pour mieux les sauver du social libéralisme ? Il en a dérouté plus d’un avec son abstention sur la partie « recettes » du budget de la sécurité sociale et son vote pour la « suspension » de la réforme Borne. Ses arguments en faveur des petits gains ont peiné à convaincre les siens. JMSenaud le lui écrit sur X « Sur les retraites vous m’avez perdu. Bonne route à vous. Je resterai fidèle à vos films ». « Ruffin courbe l’échine, au lieu de combattre. Triste trajectoire de celui qui voulait changer le monde, mais que le monde a changé », écrit un lecteur de Regards, Michel Davesnes.

François Ruffin désarçonne et fâche. Lui, un traître ? Manuel Bompard semble le voir ainsi : « Il est mieux que nos chemins se soient séparés. Car il y a des pentes qui ne trompent pas. On en connaît le point de départ mais pas le point d’arrivée. » 

Manuel Bompard n’a pas tort de relever une inflexion dans le discours de François Ruffin. Loin de ses saillies anticapitalistes, il se dit hanté par ses terres qui ont glissé élection après élections vers le RN tandis que la gauche ne décolle pas. « Je ne veux pas donner l’idée que ma stratégie serait de conquérir les électeurs du RN parce que, malheureusement, nous sommes dans un temps où ça s’est enkysté. Je ne gagne pas sans stratégie électorale dans une circonscription où la gauche fait 25%.« 

Généralisant sa réflexion au niveau national, il écrit dans Ma France, en entier pas à moitié : « La bataille, c’est d’attirer les particules qui décollent du bloc central, les gros morceaux maintenant […] Se les représenter, socialement, comme des bourgeois, comme des chirurgiens qui prendraient leurs vacances à la Baule, avec un voilier dans le port et un pull-over autour du cou, c’est du n’importe quoi. Ces gens, jusqu’alors dans le ventre moi, que recherchent-ils ? Pas la Révolution, je ne crois pas. Plutôt stabilité, sécurité, protection. »

Comme il le répète lors de l’émission « Au poste », il « cherche ». Son inspiration, il la trouve en ce moment dans le CNR, le conseil national de la résistance de 1944 qui réunissait les résistants communistes, gaullistes, chrétiens : « Il nous faut désormais un appel à tous les républicains authentiques, aux voix et personnalités libres des chapelles de partis, libres des puissances de l’argent, libres des ingérences étrangères, tous ceux qui n’ont pas sombré avec la Macronie agonisante ou sur la pente du pire ». François Ruffin veut une nouvelle grande alliance transcendant les clivages et les partis. Dur à avaler.

La clé de compréhension de la nouvelle stratégie est explicitée dans une note de blog du 11 octobre. François Ruffin est alarmiste : « Nous subissons une triple offensive, de nature diverse : les drones russes, les surcapacités industrielles chinoises, l’impérialisme illibéral (pour ne pas dire fasciste) américain ». Face à ces dangers qu’incarne le RN en France, il ne croit pas que l’unité de la gauche suffira. « C’est à une unité du pays, qu’il faut appeler. » L’agitateur se veut grand rassembleur. Il ne croit plus au « barrage », « en défensif ». Pour réveiller l’espoir, il propose deux piliers : « progrès social et indépendance nationale »

Comment remobiliser le peuple ? François Ruffin croit que là réside la clé. Il espère une primaire avec deux millions d’électeurs. « Il faut essayer quelque chose, ordonnait Roosevelt. Le pays ne nous en voudra pas d’avoir échoué, mais il nous en voudra de ne pas avoir essayé. Essayons quelque chose », conclue-t-il dans sa note de blog.

François Ruffin est intellectuellement mobile. Il a été à bonne école avec Jean-Luc Mélenchon. Il bouge sans hésiter. Son discours reste néanmoins identifié autour des enjeux industriels et du combat contre la mondialisation. Convaincra-t-il la France des bourgs, des tours… et des métropoles ? Répondra-t-il aux grands enjeux de l’époque ? Pourra-t-il rassembler, en commençant par les électeurs de la primaire ? Qui vivra verra.

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25 commentaires

  1. Marie-Laurence le 25 novembre 2025 à 19:57

    A propos du général Ruffin il est bon de rappeler
    _ qu’il a commencé à tirer à boulets rouges sur Mélenchon après avoir été investi par LFI pour les législatives de 2024
    _ qu’il se targue d’être l’inventeur de l’expression « Nouveau Front Populaire » alors que cette expression a été employée bien avant 2024 dans … la série Baron noir
    _ qu’il a mis sur un de ses tracts du second tour des législatives des photos et des citations à sa gloire de Glucksmann et … Bayrou !
    Et la liste n’est pas limitative…

  2. Sam le 25 novembre 2025 à 20:22

    2016, Ruffin : « Plus jamais le PS »
    2025, Ruffin appelle à voter PS conte LFI à Marseille (https://www.leparisien.fr/elections/municipales/municipales-2026-a-marseille-le-parti-de-francois-ruffin-soutient-la-municipalite-sortante-face-a-sebastien-delogu-20-11-2025-OPGEEM6JWBFENJEMLBOUJKXRPA.php)

    La cohérence d’un stratège au service du peuple.

  3. Sergio le 25 novembre 2025 à 22:48

    Ruffin dans Libération du 05 juin 2016 :
    « (…) j’ai toujours voté PS au second tour, en bon «républicain de gauche» à la Jaurès, même en 2012. Désormais, c’est fini. Nous lançons mardi une campagne intitulée «Nous ne voterons plus PS».
    https://www.liberation.fr/france/2016/06/05/francois-ruffin-voter-ps-au-second-tour-en-bon-republicain-c-est-fini_1457438/

    La Provence du 18 novembre 2025 :
    « Debout Bouches-du-Rhône, déclinaison locale du parti Picardie debout ! du député (ex-LFI) de la Somme François Ruffin, annonce son soutien à la majorité sortante « face au risque de l’extrême droite ». » Majorité sortante dirigée par Benoît Payant qui est membre du PS.
    https://www.laprovence.com/article/elections/1472627365456414/municipales-2026-le-mouvement-de-francois-ruffin-soutient-le-printemps-marseillais

    François Ruffin, un homme de convictions.

  4. Gilles le 26 novembre 2025 à 09:55

    Le quinquagénaire Ruffin semble être définitivement incapable de s’inscrire dans un collectif (il n’y a qu’à voir son visage morose dans toute réunion publique dans laquelle il n’est pas la vedette principale ou unique). Pour lui tout doit tourner autour de sa (fausse) modeste et (fausse) géniale personne. Tout son personnage (de BD) politique est construit sur des alternances de populisme et de misérabilisme. Outre le fait d’avoir été scolarisé dans le même établissement privé et catholique d’Amiens que Macron, Ruffin a avec ce dernier le même rapport instrumentalisateur à ses interlocuteurs. S’il fait encore (un peu) illusion dans les médias c’est parce qu’il a appris à connaître et utiliser les médias en commençant sa carrière de journaliste en gravitant (cyniquement ?) autour de groupes actifs dans la critique des médias.

  5. Henri le 26 novembre 2025 à 10:23

    Pour comprendre le parcours de Ruffin il faut sans doute dire de lui ce que Guy Bedos disait de Mireille Mathieu : il n’est ni de droite ni de gauche, il est là où on le pose.

  6. Pierre le 26 novembre 2025 à 11:10

    Finalement, que représente François Ruffin ? Qui représente t-il ?
    Il n’est pas sans rappeler ces leaders de 68 pour lesquels la-cause-du-peuple n’était qu’un moyen pour se faire une place confortable dans la société du spectacle.
    Il n’est pas sans rappeler ces cheffaillons qui ont ont le mot orga en permanence à la bouche pour mieux asseoir leur domination.
    Il n’est pas sans rappeler les carriéristes qui peuplent les entreprises dans lesquelles ils se rangent du côté des dominant en déclamant pompeusement les articles de foi des dernières modes managériales.
    Après le livre Du col mao au Rotary, il est peut-être temps d’écrire en s’inspirant du parcours du délicieux Ruffin De là-bas s’y j’y suis/Le Monde diplomatique au PS.

  7. Zap Pow le 26 novembre 2025 à 12:09

    « Alors que le leader insoumis, hier à cheval sur la laïcité façon intransigeante, fait le choix de participer à une manifestation contre l’islamophobie… »

    ??? Qu’est-ce que cette phrase veut dire ? Que si on participe à une manifestation contre l’islamophobie on n’est plus un laïque, ou plus intransigeant sur la laïcité ?

  8. Berthelot Jacques le 26 novembre 2025 à 12:12

    Ruffin penche vers Cazeneuve et Hollande , c’est comique et inquiétant quand on connait son passé.
    Il veut participer à une primaire à gauche , qu’en toute modestie il prétend sortir vainqueur.
    Cette primaire à travers ce que l’on en sait sera une catastrophe : le seul sujet c’est la liste des candidats et qui va gagner , un vrai grand prix d’Amérique.
    Chaque candidate et candidat prépare son écurie, son propre projet qui doit bien sûr être différent de celui des autres.
    C’est consternant , c’est faire les choses à l’envers : il faudrait négocier un projet , par exemple s’inspirant de celui du NFP , et choisir celle ou celui capable de mieux le porter .
    Cette primaire sera un désastre , ce sera un combat entre des egos boursouflés , les candidats qui s’étaient engagés à soutenir le vainqueur une fois battus s’empresseront de le trahir , nous ne sommes pas des idiots , nous nous souvenons des trahisons dont fut victime Benoit Hamon.
    Et puis si le vainqueur est un proche de Hollande ? La gauche pourra telle les vaches regardant passer les trains , assister à un duel dans le style Philippe-Bardella.

  9. Daniela le 26 novembre 2025 à 13:06

    Je vais vous dire un secret : François Ruffin est le Philippe Katerine de la politique, je cite ce dernier :
    j’adore
    Les institutrices, puéricultrices, administratrices, dessinatrices
    Les boulangers, les camionneurs, les policiers, les agriculteurs
    Les ménagères, les infirmières, les conseillères d’orientation
    Les chirurgiens, les mécaniciens, les chômeurs

    Quand je vois le clip je pense que Ruffin a toute sa place sur le camion de Philippe Katerine
    https://www.youtube.com/watch?v=nLN8pvR8hDg

  10. Fred le 26 novembre 2025 à 13:45

    Ah Ruffin… Cet homme est un brillant avocat des chasseurs, je le cite « Le chien comme un copain. Le virus qui se transmet de père en fils. Les cris qu’on imite dès l’enfance, qui donnent lieu à des concours, et d’où viennent les (formidables) « chanteurs d’oiseaux ». Le droit de chasse comme héritage de la Révolution, abolition d’un privilège. Les journées à entretenir les marais. Les nuits à la hutte, dans l’amitié et l’obscurité. Je comprends. Je comprends que c’est plus qu’un loisir : une identité. Locale. Ouvrière. Populaire. »
    https://francoisruffin.fr/mepris-de-chasse/
    Nulle trace de démagogie ou ‘électoralisme dans ses propos, rien qu’un homme de gauche qui lutte pour le progrès social. C’est tellement beau un être humain avec un fusil !

  11. Primel le 26 novembre 2025 à 14:25

    Je ne sais pas si Ruffîn est devenu social démocrate mais ce que je sais c’est que F.I s’est cloisonnée et n’a plus aucune chance de gagner et qu’il est de plus en plus urgent de chercher une solution pour éviter la catastrophe R.N.

  12. lasbleiz le 27 novembre 2025 à 16:08

    « ON ne peut pas parler de génocide à Gaza, ils n’y a pas de volonté d’extermination des palestinien » . Ben voyons Ruffin n’est pas raciste.

    • Toto le 28 novembre 2025 à 18:01

      C’est exactement le discours de Faurisson !!

  13. Emmanuel le 28 novembre 2025 à 17:35

    Ruffin n’est pas un traitre et il n’a pas changé. Pour essayer de comprendre le genre de personnage qu’il est il « suffit » d’analyser les étapes de son parcours et ses prises de position en ayant en tête le fait que ne disposant pas de capital économique, pas de capital social et pas de capital politique au départ il a acquis (un petit peu de) ces espèces de capital en faisant fructifier son (faible) capital culturel sur le marché qui pour les membres de la petite bourgeoisie à prétention culturelle est le plus rentable et n’a pas des droits d’entrée élevés (comparativement aux autres marchés) à savoir le marché de la contestation pour consommateurs en diagonale et en pointillés de frissons de simili contestation.

    • carlos_H le 29 novembre 2025 à 08:19

      Ruffin n’est pas perdu pour tout le monde voyons! Pour ma part, il me semble qu’il a clairement abandonné l’idée de la lutte douloureuse pour la solidarité et la fraternité à laquelle il a préféré la respectable tranquilité de la charité choisie : »On s’en contentera! » est devenu son leitmotiv…
      L’évolution du regard que porte Frédéric Lordon sur Ruffin m’apparaît très cohérent avec la réalité:
      En 2016, il voyait en Ruffin un camarade exemplaire, dont le film était à la fois action directe et déclencheur de Nuit debout. En 2023, il constate surtout la violence médiatique subie par Ruffin, en le situant sur une ligne « intenable » sur le Proche-Orient. Au bout du compte en 2025, il considère désormais que Ruffin a objectivement choisi le camp de la respectabilité médiatique contre la radicalité, et le traite, en toutes lettres, de « planqué » opportuniste sur la question palestinienne.
      Si encore il ne s’agissait que de la Palestine… Mais le syndrome du « on s’en contentera » s’exprime même dans sa position sur les retraites!
      Bref, la page est tournée.

    • BDPIF en mode LFI le 29 novembre 2025 à 18:26

      Je ne suis pas d’accord avec vous. Certes, il n’ a pas commencé avec un capital économique, ni social et que c ‘est vrai il a fait un film proche des ouvriers. Il a touché d’ailleurs de l’argent pour cela.
      Mais il ne joue pas collectif. Les raisons de la vrai gauche sont le soutien et la bonheurs de souvriers pour qu’ils puissent construire un tout petit capital financier ,et savoir évoluer.
      Lui, gaspille tout. Il donne tout son argent, à tout à chacun. On le voit même donner son salaire de député a des associations. C ‘est dérangeant. Cà met mal à l’aise toutes autres députés de gauche, c ‘est un peu toxique. Cà fait mauvais genre. Vous savez les adhérents de la vrai gauche ne sont pas tous des gens pauvres, ce sont beaucoup de gens qui par leur travail et leur bénévolat ont réussi à construire un tout petit capital. Je vous trouve très dur de les traiter de « Petits bourgeois », même si c ‘est vrai au final, pourquoi le crier sur les toits !!! Cà fait peu collectif de se regarder le porte monnaie des autres…

      Le marché de la contestation n’existe pas. LFI n’est pas un parti mais un mouvement de bénévoles. Bon, ok, il y a beaucoup d’argents qui tourne autour. Entre les remboursement de campagne, les dons surtout des bénévoles, il faut de l’argent pour faire tourner tout cela. On ne vas quand même pas exploiter les gens en leur faisant travailler gratuitement toute la journée. Pour celà il y a les bénévoles. C ‘est donc un mouvement qui fait vivre beaucoup de travailleurs (Imprimeurs, organisateurs, le réseau aviation pour les déplacements des membres, voyages. Et qui donne beaucoup d’espoir social aux militants. Ca leur fait espérer. Et sans espérer, on ne peut plus avancer. C ‘est donc une association de la constestation, qui a besoin d’argent pour avancer. C ‘est l’offre et la demande.

      Sur la suspension de la refome des retraites, il ne joue pas collectif. Il est trop près des petites gens. D’apres ses propos, il a voté cette suspension car elle va profiter à plus de 500 000 personnes qui vont partir 3 ou 6 mois avant (500 000 personnes, c ‘est comme des oeufs, et il veut faire une omelette sans casser des oeufs !) , et il dis qu’il veut bien grapiller sur tout, comme accorder un plein de caddie supplémentaire pour les auxillaires de vie ou un 13 eme mois pour les femmes de ménage (Alors qu’elles sont quand même bien payés entre nous). Lui veut se contenter de petites choses concretes. Oui certes, il est un peu de gauche, mais de la gauche molle. Celle qui vivote … Sans frisson, sans aventure …

      Alors que s’il avait été collectif, il aurait voté avec LFI contre cette suspension de la réforme des retraites et provoqué une dissolutions, puis une demission de Macron et en suivant aprés de nouvelles élections. Certes, la gauche ne joue pas gagnant, mais cà ne coute rien d’essayer non ? Au pire on a le RN au pouvoir et une revolution du peuple contre lui. Et donc la Gauche en sortirait grandie !

      Mais non pour Ruffin, il vaut faire de la politique comme il gere son argent, tout donner de petites choses aux ouvriers et au plus fragiles.
      Au lieu d’investir dans de grands projets de vie meilleurs et de revolution. Non, il m’a decu, il a trahis mes espérances ….
      Il ne fait plus partie de la Gauche.

  14. Lemarchal le 28 novembre 2025 à 18:25

     » Qui vivra verra « . C’est tout vu. Ils vont tous se ramasser comme en 2017 ( PS 1,8%, PC 2,5%, EELV 4,5% … ). Mélenchon sera au 2ème tour en face de Bardella.

    • Lemarchal le 1 décembre 2025 à 12:02

      Je voulais dire 2022 et pas 2017.

  15. chlamic le 30 novembre 2025 à 13:11

    Pas un ni une pour le défendre. Normal, compte tenu de qui vous êtes: des urbains au cul posé devant l’ordi, dans leur 44m2, qui prennent l’air sur leur trotinette pour aller 3 soirs par semaine à la salle de sport.
    Lui, comme nous, le nez dans le cambouis. Quand il reste 25% de timides voix de gauche dans un milieu dégouté de tout sauf du RN, quelle stratégie ? Faut laisser tomber, c’est ça, et voter propre sur soi dans les beaux quartiers ?
    Vous n’avez pas compris que la France se reprolétarise, en vrai et plus encore en esprit.
    Je trouve que Ruffin a raison en citant Roosevelt « Le pays ne nous en voudra pas d’avoir échoué, mais il nous en voudra de ne pas avoir essayé. Essayons quelque chose »

  16. Luisa le 30 novembre 2025 à 15:52

    Ruffin pour tous !

    Le jeudi 13 juin 2024, soit quatre jours après la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron, l’impayable François Ruffin déclarait à France Bleu : « Si jamais dans l’histoire de notre pays, quel que soit le poste que je puisse occuper, si c’est à Matignon comme Premier ministre, pourquoi pas. Mais si c’est comme ministre des Sports et que je parviens à donner le sport pour tous, pour tous les enfants de notre pays, j’en serai fier. Je serai fier d’avoir apporté ça aux gens », a précisé François Ruffin, candidat à sa réélection dans la première circonscription de la Somme. ». (la source est ici : https://www.francebleu.fr/infos/elections/legislatives-2024-je-me-sens-capable-d-etre-premier-ministre-declare-francois-ruffin-sur-france-bleu-picardie-6026815).
    Afficher pépouze sa soif de pouvoir alors que le RN venait d’obtenir 31,37 % des suffrages exprimés lors du vote des élections européennes qui s’est tenu quatre jours plus tôt il fallait oser.

    • carlos_H le 1 décembre 2025 à 16:45

      +1

  17. Greg le 2 décembre 2025 à 11:08

    Dimanche 25 avril 2027, 1er tour de l’élection présidentielle,
    il est 21h07 quand François Ruffin, qui vient d’obtenir entre 0,2 et 0,3 % des suffrages exprimés selon les premières estimations, prend la parole :
    Françaises, français, mes chers compatriotes,
    Je voudrais tout d’abord remercier les centaines de personnes qui ont voté pour moi (institutrices, puéricultrices, administratrices, dessinatrices, boulangers, camionneurs, policiers, agriculteurs, ménagères, infirmières, conseillères d’orientation, chirurgiens, mécaniciens, chômeurs, etc…).
    Quelque chose s’est levé et rien ne nous arrêtera.
    Pour le second tour, à titre personnel je voterai pour monsieur Mélenchon.
    Je vous donne rendez-vous le 2 juin dans les salles de cinéma pour la sortie de mon film « François Ruffin, la campagne de l’espoir ».

  18. Juliette le 3 décembre 2025 à 12:03

    On ne peut qu’admirer le courage exceptionnel de François Ruffin.
    Le 08 novembre 2025 il s’est abstenu lors du vote sur la deuxième partie du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026.
    Quel dommage qu’il ne soit pas ministre de Lecornu pour changer le système de l’intérieur avec ses talents d’orateur et de versificateur !

  19. Martin le 3 décembre 2025 à 18:12

    Il se peut que le film « François Ruffin, la campagne de l’espoir » soit présenté au festival de Cannes le 12 mai 2027. Leonardo Di Caprio, Tilda Swinton, Robert de Niro et Scarlett Johansson sont pressenti pour faire la haie d’honneur au picard rebelle.

  20. Hervé le 4 décembre 2025 à 02:07

    Paroles

    Avec une caméra sur l’épaule
    Avec, à la lèvre, un rouge chant
    Avec, à la lèvre, un rouge chant
    Avec, à l’âme, un grand courage
    Il s’en allait frimer aux champs
    Pauvre François, pauvre misère
    Filme la terre, filme le temps
    Pour gagner le pain de sa vie
    De l’aurore jusqu’au couchant
    De l’aurore jusqu’au couchant
    Il s’en allait prêcher la terre
    En tous les lieux, par tous les temps
    Pauvre François, pauvre misère
    Filme la terre, filme le temps
    Sans laisser voir, sur son visage
    Ni l’air jaloux ni l’air méchant
    Ni l’air jaloux ni l’air méchant
    Il détournait les idées des autres
    Toujours prêchant, toujours prêchant
    Pauvre François, pauvre misère
    Filme la terre, filme le temps
    Et quand le pouvoir lui a fait signe
    D’ imaginer son hors-champ
    D’ imaginer son hors-champ
    Il filma lui-même sa tombe
    En votant vite, en se cachant
    Pauvre François, pauvre misère
    Filme la terre, filme le temps
    Il filma lui-même sa tombe
    En votant vite, en se cachant
    En votant vite, en se cachant
    Et s’y étendit sans rien dire
    Pour ne pas faire rire les gens
    Pauvre François, pauvre misère
    Espère sous la terre, plie sous le temps

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