Budget : chacun cherche sa place pour 2027

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Les débats sur le projet de loi de finances ont débuté ce mardi. Le gouvernement annonce des sacrifices au nom de la fatalité de la dette. Les oppositions se positionnent avec, en ligne de mire, la présidentielle.

Le vote du budget intervient dans un moment très singulier, qui en fait un moment politique incandescent. Les débats à l’Assemblée nationale se conduiront alors que le mouvement social de la jeunesse pourrait s’étendre. Le budget s’élabore dans un pays au bord de la récession, sous la pression d’une dette publique qui a explosé et d’une pression accrue des marchés financiers. Dernier grand acte politique du double quinquennat Macron, le débat budgétaire sera l’occasion d’un bilan économique et social du « Mozart de la finance ». Les arguments comme les votes seront des signes lisibles des politiques des différents groupes et des candidats qu’ils soutiennent. Pour toutes ces raisons et dans une Assemblée éclatée, il est donc peu probable que le budget soit voté. Le gouvernement sera-t-il renversé ? Possible. Cela dépendra aussi de la rue.


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Chaque chose en son temps. D’abord les prémisses du débat sur le projet de budget.

Les premières passes d’armes dans l’hémicycle donnent déjà des indications. Le groupe socialiste avait déposé une motion de rejet préalable. Les députés socialistes ont à cœur de se montrer davantage dans l’opposition que l’an passé lorsqu’ils ont joué la carte de la négociation et du compromis avant d’accorder finalement un sursis à Lecornu en ne votant pas la censure. La motion de rejet préalable n’a pas obtenu de majorité grâce aux voix du groupe central et à celles du Rassemblement national. Le groupe RN va devoir la jouer finement pour tout à la fois se montrer en opposant aux côtés du peuple tout en apparaissant comme une force « raisonnable, consciente des difficultés du pays ». Mais Marine Le Pen, sa cheffe de file et candidate, est une fine politique. La mise en lumière des logiques et des votes du RN sera l’un des enjeux des prochaines semaines. 

À gauche, ce fut un vote groupé en faveur du rejet préalable. Tous les députés des groupes de gauche ont voté cette motion – sauf deux d’entre eux. François Hollande crante son positionnement centriste. Il se voit en recours pour une droite en situation critique, il lui donne des gages. Sacha Houlié, l’un des deux députés Place publique, n’a pas, lui non plus, voté la motion préalable du groupe socialiste. Ancien député macroniste, il fait un signe à l’autre rive politique tandis que les autres soutiens de Raphaël Glucksmann, eux, votaient la motion de rejet préalable décidée par leur groupe. C’est qui qui commande ?  Le candidat social-démocrate a promis une campagne punk. Ça commence avec ces premières notes dysharmoniques pour jouer large à défaut de jouer clair.

Enfin, le gouvernement va tout faire pour que ce moment serve une politique, un camp politique et une vision politique. Pas même le premier ministre ne croit à l’adoption de son budget. En revanche, il espère faire de ce moment celui d’une pédagogie assez simple : la France est ruinée, au bord du gouffre ; il n’y a plus de marge de manœuvre et les créanciers menacent : il faut serrer tous les boulons et retourner toutes les poches. Rien de tout cela n’est vrai. 

D’ores et déjà, on sait que les poches des plus fortunés ne seront pas fouillées, qu’il n’y aura aucun pas vers davantage de justice fiscale. On sait aussi qu’il n’est pas dans les intentions du gouvernement de revoir les innombrables aides aux entreprises, niches fiscales et autres facilitations pour ne pas payer d’impôts. TotalEnergies pourra continuer de prétendre ne pas faire de bénéfice en France et donc ne pas payer d’impôt. La France pourra poursuivre sa tendance qui en fait le second pays au monde pour le versement de dividendes. D’autres tabous seront défendus mordicus. On peut prendre sur les retraités aisés (sic) qui gagnent plus de 1206 euros mais il n’est en aucun cas envisagé d’ouvrir la boîte noire du budget des armées qui a encore augmenté de 30 milliards cet été. Est-ce bien raisonnable ?

Les débats commencent. Ils s’entremêleront avec ceux de la présidentielle. Chaque famille politique devra mettre cartes sur table : la thérapie de choc façon Retailleau ; le haro sur les retraités façon Philippe ; la préférence nationale façon Le Pen ; le choc keynésiano-marxiste façon Mélenchon ; le (quoi au fait ?) façon Glucksmann. 

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