🔮 BRÈVE DU JOUR

Ruffin rĂȘve debout !

Dans Regards en septembre 2024, François Ruffin affirmait : « Ma mission, c’est que la gauche referme la parenthĂšse libĂ©rale ouverte par le PS en 83. » Ce cap, il ne l’a pas perdu, lui donnant un contenu de plus en plus souverainiste comme rĂ©cemment lors du dĂ©bat avec Dominique de Villepin. Quelle est alors la cohĂ©rence de tenter de s’incruster dans la primaire sociale-dĂ©mocrate ? Hier, François Ruffin a fait sur X un long post pour exiger une place. Rappelons que cette primaire a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©e en juillet par les militants socialistes contre la proposition d’une primaire de toute la gauche, ouverte, elle, aux critiques du bilan de Hollande et du social-libĂ©ralisme. Ruffin peut sĂ»rement imaginer gagner cette primaire en la subvertissant avec ceux qui savent que, dĂ©sunie, la gauche ne peut pas gagner, avec ses amis de Debout !, avec ceux qui soutiennent sa candidature (plus de 120 000 soutiens sur son site Nous prĂ©sident). Bref, oui il peut tenter sa chance. Mais quel sens cela a-t-il ? Que viendrait faire Ruffin dans une primaire taillĂ©e sciemment pour RaphaĂ«l Glucksmann ? Jamais les socialistes ne feront sa campagne. Il faut arrĂȘter de rĂȘver debout. BenoĂźt Hamon en sait quelque chose. Le rĂ©sultat le plus tangible d’une telle tentative serait de brouiller son positionnement politique. Il demande un dĂ©bat avec RaphaĂ«l Glucksmann: il aura bien d’autres lieux et occasions pour contredire le candidat social-dĂ©mocrate.

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3 commentaires

  1. Lafleur le 9 septembre 2026 Ă  14:36

    L’article a raison de pointer la contradiction de Ruffin : vouloir « refermer la parenthĂšse libĂ©rale ouverte par le PS en 1983 » tout en cherchant Ă  entrer dans une primaire organisĂ©e prĂ©cisĂ©ment dans l’espace social-dĂ©mocrate pose un vrai problĂšme de cohĂ©rence stratĂ©gique.

    Mais il faut aller plus loin qu’une simple lecture en termes de positionnement Ă©lectoral.

    Ruffin a incontestablement Ă©voluĂ© depuis 2017. Mais il a toujours Ă©tĂ© un rĂ©formiste social et dĂ©mocrate selon ses propos. Cela ne suffit donc pas Ă  sortir du rĂ©formisme. Le souverainisme, pas davantage que la redistribution, ne constitue en soi un dĂ©passement du capitalisme. La question matĂ©rialiste est : qui possĂšde, qui dĂ©cide, qui contrĂŽle le crĂ©dit, l’investissement, les entreprises et les gains de productivitĂ© ? Comment empĂȘcher le capital de reprendre, par d’autres mĂ©canismes, ce qui a Ă©tĂ© conquis socialement ?

    C’est aussi la raison de son compagnonnage avec le PG puis la LFI ainsi que sa prĂ©sence au sein du groupe insoumis de 2017 Ă  2024 et dĂ©sormais, avec les dĂ©putĂ©s de GĂ©nĂ©ration.s et de L’AprĂšs (tous issus du PS) au sein du groupe Ecologiste et Social depuis 2024 et son aspiration Ă  participer Ă  une primaire rĂ©formiste avec Debout! Les idĂ©es rĂ©formistes de Debout! s’inspirent de l’Avenir en commun : elles ont donc les mĂȘmes limites et c’est sur la posture personnelle et le verbe que la nuance existe avec LFI. Ainsi, François Ruffin est prisonnier des mĂȘmes limites que Jean-Luc MĂ©lenchon sur l’Ă©nergie avec la sobriĂ©tĂ© ou encore l’analyse des BRICS (position anti chinoise) et le crĂ©dit. Il veut un capitalisme moral et Ă©cologique. Son programme est donc un keynĂ©sianisme (il adore Roosevelt) donc un new deal qui ne s’attaque pas aux racines du mal capitaliste.

    C’est pourquoi je serais prudent avec l’idĂ©e de simplement opposer Ruffin Ă  Glucksmann. Ils incarnent certes deux orientations diffĂ©rentes du rĂ©formisme : l’une plus avec des images plus sociale et un discours plus populaire, l’autre plus fĂ©dĂ©raliste dans l’orientation et atlantiste. Mais ils restent dans un espace oĂč l’essentiel du dĂ©bat porte encore sur l’offre Ă©lectorale, l’Europe, la redistribution ou le degrĂ© de radicalitĂ©. La primaire peut additionner des candidatures ; elle ne supprime pas leurs contradictions de classe.

    Le vĂ©ritable enjeu est donc ailleurs : comment reconquĂ©rir politiquement le monde du travail ? Comment transformer le rapport de forces au-delĂ  de l’élection ? C’est lĂ  que la diffĂ©rence avec le PCF mĂ©rite d’ĂȘtre examinĂ©e concrĂštement. Le « communisme de conquĂȘtes » adoptĂ© au 40e CongrĂšs ne se rĂ©duit pas Ă  ĂȘtre plus radical dans le discours : il affirme la nĂ©cessitĂ© de conquĂ©rir des pouvoirs pour le monde du travail. Et nos propositions cherchent prĂ©cisĂ©ment Ă  rĂ©pondre au comment faire : pĂŽle public bancaire, crĂ©dit sĂ©lectif, conditionnement des aides, nouveaux critĂšres de gestion des entreprises, pouvoirs des salariĂ©s, planification, sĂ©curitĂ© d’emploi ou de formation, maĂźtrise publique des secteurs stratĂ©giques. Autrement dit, François Ruffin avec son parti rĂ©formiste Debout! pose surtout la question de savoir comment protĂ©ger le travail contre les effets du capitalisme financiarisĂ©. La dĂ©marche communiste doit poser une question supplĂ©mentaire et dĂ©cisive : comment donner au travail le pouvoir sur le capital ?

    C’est une diffĂ©rence de nature, pas seulement de degrĂ© de radicalitĂ©. La question n’est donc pas de savoir quel candidat est « le plus Ă  gauche », mais quelle stratĂ©gie permet rĂ©ellement de modifier les rapports de propriĂ©tĂ© et de pouvoir qui reproduisent la domination du capital. Et c’est pourquoi empiler les candidatures rĂ©formistes, de Ruffin Ă  Glucksmann en passant par les diffĂ©rentes sensibilitĂ©s Ă©cologistes ou socialistes, dont celle de Jean-Luc MĂ©lenchon, risque surtout de multiplier les variantes d’une mĂȘme difficultĂ©. Pour les communistes, l’enjeu est de reconstruire une force politique organisĂ©e dans le monde du travail, capable de transformer les conquĂȘtes Ă©lectorales en conquĂȘtes de pouvoir. La vraie question de 2027 devrait donc ĂȘtre moins « quelle gauche peut s’unir ? » que « quelle gauche est capable de faire reculer concrĂštement le pouvoir du capital et de faire conquĂ©rir des pouvoirs nouveaux au monde du travail ? ». C’est sur ce terrain, plus que sur celui des Ă©tiquettes, que se mesure la diffĂ©rence entre Ruffin et le PCF.

  2. Lemarchal le 9 septembre 2026 Ă  23:54

    Ruffin est encore plus ridicule que Glucksmann et inversement. Il est grotesque, mégalo, et raciste.

  3. lemasseur le 10 septembre 2026 Ă  06:58

    Jamais le PS ne fera la campagne de Glucksman, lequel va se faire tondre par l’appareil en gĂ©nĂ©ral et Hollande en particulier.
    Quant Ă  Ruffin, concourir Ă  la primaire socialiste aprĂšs avoir assurĂ© « plus jamais le PS » en 22 je crois, inutile de tirer Ă  la ligne pour montrer l’incohĂ©rence de ses positions. Il a voulu tenter l’aventure individuelle au moment oĂč LFI se faisait bombarder au quotidien, c’Ă©tait une erreur en mĂȘme temps qu’une lĂąchetĂ© car il n’a strictement plus rien maintenant.

    Et pour finir, l’immense majoritĂ© de l’Ă©lectorat de gauche ne considĂšre pas le PS comme Ă©tant de la famille. 1,7% pour rappel. Heureusement que les rĂ©dactions le maintiennent en vie.

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