L’Internationale fasciste, les racines du mal

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Qu’elles soient libertariennes ou identitaires, les extrêmes droites sont unies par la haine de la démocratie et sa promesse d’égalité. Un dossier pour mieux les comprendre afin de mieux les combattre. 

Un vent d’extrême droite souffle sur le monde. Cette dynamique réactionnaire a porté au pouvoir Donald Trump aux États-Unis, Javier Milei en Argentine, Giorgia Meloni en Italie, Narendra Modi en Inde. Elle maintient Viktor Orban en Hongrie, Recep Erdogan en Turquie et  Vladimir Poutine en Russie. Elle pousse le Rassemblement national en France, Vox en Espagne et l’AfD en Allemagne. 

Contrairement aux internationales de gauche, moribondes, les fascistes dialoguent beaucoup entre eux : Jordan Bardella et Marion Maréchal invités par Benyamin Netanyahou en Israël, Éric Zemmour et Sarah Knafo à l’investiture de Donald Trump. Ces conventions et ces meetings communs témoignent d’une ébullition qui ne doit pas manquer d’inquiéter.

L’imaginaire de puissance et de domination se nourrit des bouleversements du monde et de ses violences.

Plusieurs traditions et horizons se confrontent. Il y a les libertariens qui veulent la fin des États, défaisant l’héritage des Lumières – comme l’a proclamé Javier Milei – afin qu’advienne le règne de l’inégalité pure. Ils ne sont pas exactement alignés sur les racistes obsédés par la fin de l’hégémonie de l’homme blanc et de la mythique civilisation judéo-chrétienne. Défendre l’Occident pose un problème aux nationalistes russes et indiens. Les antisémites qui s’allient au gouvernement israélien au nom de la résistance aux Arabes illustrent la complexité de la situation actuelle : le confusionnisme règne. En France, même ces différentes traditions coexistent depuis l’abhorrée Révolution/République/décolonisation. C’est le défi du RN de les rassembler.

Pourtant, à travers le temps et l’espace, plusieurs caractéristiques unissent ces courants. La première est celle de l’unité dans l’homogénéité. Il ne s’agit pas ici d’égalité mais d’identité. La différence est un désordre. L’ordre est une éternité et il doit être maintenu. La hiérarchie entre les sexes et les races se doit d’être préservée. Pour construire l’unité-identité, le recours au bouc émissaire est une constante. Ce bouc émissaire fut longtemps le juif. Il le reste encore. Il peut aussi prendre pour nom arabe, musulman, noir, homosexuel, trans. Au-delà,  c’est le rapport à l’autoritarisme et aux personnalités fortes qui fascine les fascistes et les unifie. 

La première conséquence de la montée en puissance des extrêmes droites est la violence discriminatoire et concrète à l’égard des minorités raciales, religieuses ou sexuelles. Pour la rendre possible, la déconstruction du droit qui pose l’égalité entre les êtres humains et entre les nations est un point crucial. Cette mise à mal du droit devient l’épicentre des enjeux et des résistances. Violemment ou à faibles doses réitérées, on assiste au détricotage de plusieurs siècles d’une lente construction : un système d’organisations internationales régi par un principe d’égalité, des démocraties fondées sur des lois avec des procédures et des recours, un droit stable quoiqu’évolutif, des pouvoirs séparés…

L’imaginaire de puissance et de domination se nourrit des bouleversements du monde et de ses violences. Bien que porteurs d’intérêts nationaux divergents, Trump autant que Poutine sont empreints de cette vision du monde et de la façon de régler les différends. Par la force, la brutalité, l’intimidation et la grossièreté. Au nom de la France éternelle, des ennemis intérieurs comme extérieurs sont partout activés pour justifier la peur qui permet de régner. 

Le moment est difficile, violent. Mais en Syrie, le tyran est tombé. Il n’est pas le dernier.

Cet article est extrait de notre numéro « FASCISME », paru en avril 2025.

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6 commentaires

  1. Renaud Bernard le 14 août 2026 à 16:59

    Voilà qui probablement donnera le ton des débats de la prochaine campagne électorale : le premier qui traite son contradicteur de fasciste a gagné.

  2. Glandu le 15 août 2026 à 08:02

    Poutine de droite ? Kim Jong aussi ? les Tyrans n’ont pas d’étiquette je crois soyez logique .

  3. Carlos le 15 août 2026 à 11:32

    En Syrie le tyran est tombé ?? Pour être remplacé par un autre bien pire que les pays occidentaux invitent sans se poser de question, un homme dont la tête avait été mise à prix par interpol ? Ahmed al-Charaa (anciennement connu sous le nom de guerre d’Abou Mohammad al-Joulani) dirige le pays, c’est un islamiste de la première heure, un tueur un génocidaire et vous osez dire qu’un tyran est tombé ? Ahmed al-Charaa , dont l’organisation Hayat Tahrir al-Cham était autrefois affiliée à Al-Qaïda. Faut dire que maintenant il est en costume cravate, il est donc respectable puisqu’il ouvre le pays à la curée pour les occidentaux, jusqu’au jour où il ne plaira plus (comme Mouammar Kadhafi le banquier de qui vous savez….)
    Mais ce n’est pas nous de choisir mais au peuple, Syrien…..c’est désolant de lire de telles inepties !

  4. Muriel Confignal le 15 août 2026 à 12:40

    « en Syrie, le tyran est tombé.  »
    Pour être remplacé par un autre.

  5. Lafleur le 15 août 2026 à 14:39

    Cher Pablo,

    Ton article a le mérite de prendre au sérieux la dimension internationale de la progression des extrêmes droites et de montrer qu’elles ne constituent pas des phénomènes isolés.

    Leur capacité à se rencontrer, à échanger et à construire des convergences doit effectivement nous alerter. Je partage également ton refus de banaliser leur remise en cause de l’égalité, de la démocratie et du droit.

    Mais je crois que notre analyse doit prolonger ce diagnostic sur deux points essentiels.

    D’abord, il faut dépasser l’analyse des idées et des comportements des extrêmes droites pour rechercher les conditions matérielles et les rapports de forces qui permettent leur progression. Le fascisme ne naît pas simplement de la haine, du racisme ou de la fascination pour l’homme fort. Le mirage Terra-Nova et de la Nouvelle France. Il prospère sur une crise du capitalisme, sur la désorganisation du monde du travail, le déclassement, la précarité, la perte de maîtrise collective et le sentiment que les institutions ne permettent plus aux classes populaires d’agir sur leur propre existence. Lorsque la colère sociale ne trouve pas une perspective collective, elle peut être détournée vers des boucs émissaires.

    C’est pourquoi je suis un peu frustré par la conclusion : comment la gauche entend-elle répondre concrètement à cette situation ?

    L’antifascisme ne peut pas être seulement une dénonciation morale de l’extrême droite ni une mobilisation électorale ponctuelle pour l’empêcher d’accéder au pouvoir. Il faut reconstruire une puissance populaire consciente capable de lui disputer le terrain social et politique.

    Cela signifie partir des besoins concrets : emploi, salaires, services publics, logement, école, santé, industrie, souveraineté, paix, démocratie dans l’entreprise et maîtrise collective des choix économiques. Il faut également reconstruire les solidarités de classe que le capitalisme contemporain a profondément fragmentées.

    La solidarité active doit donc devenir organisation, éducation populaire, mobilisation et conquête de pouvoirs. C’est ici que le « Communisme de conquête » peut prendre toute sa portée : il ne s’agit pas seulement d’empêcher l’extrême droite de conquérir l’État, mais de permettre au monde du travail de conquérir lui-même des capacités réelles de décision et de transformation.

    Cela suppose un front antifasciste large, mais un front qui ne soit pas seulement défensif.

    Il doit être capable de rassembler largement tout en portant une perspective de transformation sociale, défendre le socialisme. Sinon, nous risquons de demander périodiquement au peuple de défendre une démocratie dont il ne maîtrise plus suffisamment les conditions matérielles.

    Le véritable antidote au fascisme ne peut donc pas être seulement le refus de l’extrême droite, diable de confort des divers centristes opportunistes du système, même dans la vision populiste mouvementiste : c’est la reconstruction d’une puissance populaire organisée, capable de donner une issue progressiste à la crise du capitalisme. C’est là, me semble-t-il, que le mouvement ouvrier français doit reprendre l’initiative avec le PCF : ne plus seulement analyser le danger, mais construire les forces sociales, politiques et institutionnelles capables de le vaincre durablement.

  6. Carlos le 18 août 2026 à 19:00

    Surtout ne commentez pas en disant que vous n’êtes pas d’accord, mon dernier écris sur ce sujet est toujours absent après plusieurs jours d’attente, j’en déduis que Anastasia avec ses ciseaux un peu trop coupants est passée par là, ceci dit je suis peu étonné malgré mon ton retenu et correct, Regards n’aime pas qu’on le regarde un peu de travers, dommage…

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