La République contre ses enfants
Les lycéens se mobilisent pour des moyens et des conditions d’étude dignes. Le pouvoir leur répond par une répression stupéfiante. Cette génération qui entre en politique est considérée comme un problème d’ordre public et non comme une force démocratique.
À Sevran, une police à cheval les poursuit dans la rue. Un peu partout en France, depuis lundi, des charges violentes des forces de l’ordre, des clefs de bras et d’étranglement, des gaz lacrymogènes, des grenades de désencerclement et même des tirs de LBD. Ces répressions filmées par des milliers de portables inondent les réseaux sociaux et stupéfient les parents. Elles attisent la mobilisation. Ce jeudi matin, les lycéens de la région parisienne convergent vers Saint-Denis devenu l’épicentre du mouvement : la banlieue enfin au centre.
TOUS LES JOURS, RETROUVEZ L’ESSENTIEL DE L’ACTU POLITIQUE DANS NOTRE NEWSLETTER
À cette heure, le bilan est le suivant : 625 interpellations, 119 élèves et employés de l’éducation nationale blessés et trois enquêtes ouvertes par l’IGPN contre des policiers. Mais le ministre de l’intérieur Laurent Nunez se félicite de l’extrême « proportionnalité » des interventions policières – imaginez s’ils ne s’étaient pas retenus ! À cette jeunesse qui réclame égalité, justice et des moyens pour l’école, l’État répond par la répression, avec une intensité insupportable. François Mitterrand avait vu juste : « Si la jeunesse n’a pas toujours raison, la société qui la méconnaît et qui la frappe a toujours tort ».
Certes, pas plus que les piquets de grève, bloquer son lycée n’est pas légal. Oui, souvent, des détériorations matérielles sont à déplorer. Oui aussi, des jeunes provoquent la police. Mais cela ne justifie pas le niveau de violence de la réponse de l’État. Heureusement, d’autres agents du même État, notamment des personnels de l’éducation nationale, s’engagent et défendent leurs élèves : ils font barrage de leurs corps par la formation de chaînes humaines et filment avec leurs portables les interventions de la police. Les élus, pratiquement tous insoumis, avec leur écharpe bleu-blanc-rouge en bandoulière, tentent des médiations et font boucliers pour éviter le pire.
Une démocratie ne peut exiger la confiance de ceux qu’elle refuse d’entendre autrement que comme un trouble à faire cesser. Les adolescents n’ont pas à être irréprochables pour que leurs droits soient garantis. Sinon, la première leçon politique donnée à cette génération sera peut-être la plus dangereuse : apprendre à se méfier de la République avant même d’avoir eu le temps d’y croire.
Ces lycéens font leur première expérience politique. Ils n’ont pas encore tous le droit de vote et leur premier geste collectif passe par un blocage, une manifestation, une prise de parole. On peut discuter (avec eux, c’est mieux) leurs méthodes, leurs excès, leurs erreurs. Mais quelle démocratie prétend apprendre la citoyenneté par la force ? On leur répète qu’ils sont l’avenir de la République. Il serait temps de les considérer aussi comme son présent. La façon dont l’État les nomme aussi fait sens : dans la bouche des ministres, ces jeunes ne sont plus des lycéens mais des émeutiers urbains.
Une démocratie ne peut exiger la confiance de ceux qu’elle refuse d’entendre autrement que comme un trouble à faire cesser. Les adolescents n’ont pas à être irréprochables pour que leurs droits soient garantis. Sinon, la première leçon politique donnée à cette génération sera peut-être la plus dangereuse : apprendre à se méfier de la République avant même d’avoir eu le temps d’y croire.
C’est dans ce contexte que le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, est à nouveau pris pour cible : sa grande popularité au sein de la jeunesse lui permet de dialoguer avec elle. C’est une force que n’ont pas, loin s’en faut, les ministres de l’éducation ou de l’intérieur, les préfets ou les commissaires de police. C’est ce dialogue que le maire de Saint-Denis recherche et maintient quand il affirme que « la violence peut être légitime, mais c’est mieux de l’éviter ». En n’insultant pas ces jeunes mobilisés, en ne condamnant pas a priori leurs modes d’expression, Bally Bagayoko garde un lien avec eux, continue d’être un trait d’union entre le mouvement et les institutions démocratiques. Allez-y, faites mieux, messieurs les ministres !
Évidemment, LFI n’est pas à l’origine du mouvement social lycéen. Aucun responsable politique ou syndical ne peut générer un tel mouvement, ni même le canaliser ou le manipuler. C’est une idée aussi saugrenue que complotiste. Mais LFI se veut un débouché aux revendications. Ils se mettent au diapason de la colère en les encourageant : vous êtes dans le juste, vos demandes sont légitimes, nous sommes à vos côtés. C’est cela que ne supporte pas Bruno Retailleau qui demande désormais l’interdiction de La France insoumise.
Après 10 ans de pouvoir macroniste, tout le monde, lycéens compris, sait bien qu’il n’y a rien à attendre du gouvernement. Que faire de cette envie de la jeunesse de participer ? D’abord demander aux responsables des forces de l’ordre de calmer la folie violente de la police. Ensuite ne pas voter un budget riquiqui pour les services publics. Gagner, si possible, des moyens supplémentaires pour l’école et les lycées. Et dans quelques mois, la présidentielle peut offrir un débouché.
La fin de ce papier est presque bien, « Et dans quelques mois, la présidentielle peut offrir un débouché. » Manque la précision du comment, avec quel programme et avec quel candidat. Nous aurons sans doute la réponse ce soir ? N’est-ce pas « Regards » ?
Très bonne question ! Ce qui est certain : Pas avec l’équipe de bras cassés, 4 PS, et un de droite, qui débattent sans grande convictions que celle de garder leurs places, les premiers cités qui voudraient nous font croire, qu’ils feraient mieux demain ce qu’ils n’ont su faire hier, alors qu’ils avaient tous les pouvoirs.
Bien pire, ils ont fait l’inverse, bons petits soldats du néolibéralisme, du sarkosisme sans Sarkozy ! Complices du gouvernemnt Lecornu aux ordres de sa majesté quoi qu’il en coûte.
Le 5e ne fait même plus rire, triste mercenaire qui a pour seule mission de détruire l’espérance qui est en train de croitre.
Difficile situation qui obligent nos médias à nous tromper toujours plus, les mensonges les plus grossiers ne leur faisant même plus peur.
La balle est dans notre camp, à nous de jouer, je parle des électrices et des électeurs, bien évidemment.
Bon d’accord je n’ai pas écouté nos biens installés, mais à mon âge je connais par cœur leurs discours, ce sont les mêmes depuis plus de quarante ans.
Vous allez rire, ces élites avec leurs privilèges, et moi, et d’autres, bataillant contre les moulins à vent que sont nos politicards de toutes obédiences.
Terminé le spectacle de l’union des gauches, il ni y a qu’une seule gauche et ces gens là n’en sont pas.
Cher Pablo,
Ton article pose une question essentielle : comment une République peut-elle demander à sa jeunesse de devenir citoyenne tout en répondant à sa première expérience politique par la répression ? Les faits rapportés sont préoccupants et le débat sur le maintien de l’ordre, les libertés publiques et le droit de manifester doit évidemment avoir lieu.
Mais je pense qu’il faut aller plus loin que l’opposition « République contre ses enfants ». Qui sont ces « enfants » de la République ? Ce sont aussi des jeunes qui subissent la sélection scolaire, Parcoursup, la précarité étudiante, les difficultés de logement, les stages et apprentissages insuffisamment rémunérés, les CDD, l’intérim, le chômage et l’incertitude devant l’entrée dans la vie active. Et derrière ces réalités, il y a des rapports sociaux et des rapports de classe.
C’est précisément ce que Léon Deffontaines développait dans son livre « Pour que jeunesse se fasse ! » : il faut cesser de considérer la jeunesse comme une période qu’il faudrait simplement « passer » avant d’entrer dans la vraie vie. Pour que la jeunesse puisse réellement se faire, il faut lui donner les conditions matérielles de son émancipation : éducation, emploi, logement, transports, culture, loisirs et autonomie.
Le travail actuel du MJCF et de l’UEC prolonge cette réflexion de manière très concrète. Le MJCF relie désormais fortement la question de la jeunesse à l’emploi, à la formation, à la réindustrialisation et à la planification : il ne s’agit pas seulement d’aider les jeunes à « s’insérer » dans le marché du travail, mais de planifier l’emploi et la formation à partir des besoins du pays. L’UEC mène de son côté la bataille pour l’autonomie étudiante et contre le tri social organisé au lieu d’une orientation selon les capacités des jeunes et les besoins sociaux.
C’est là que se situe, me semble-t-il, le véritable enjeu démocratique. Une jeunesse réellement libre n’est pas seulement une jeunesse à laquelle on garantit le droit de manifester ; c’est une jeunesse qui dispose des moyens matériels de construire sa vie et qui peut s’organiser collectivement pour transformer la société.Il faut donc passer de la jeunesse considérée comme « problème d’ordre public » à la jeunesse considérée comme force sociale et politique. Et cela suppose de relier les expériences quotidiennes aux rapports de production qui les déterminent.
La répression peut produire de la défiance envers les institutions. La réponse de Fabien Roussel et du PCF demande à l’État de mieux écouter la jeunesse et de permettre à cette jeunesse de s’organiser, de conquérir des droits, de prendre sa place dans le mouvement social et, finalement, de transformer les rapports sociaux qui produisent sa précarité. C’est en ce sens que le titre de Deffontaines me paraît particulièrement juste : il ne s’agit pas seulement d’empêcher que « jeunesse se passe ». Il faut permettre que jeunesse se fasse.
Comme le rappelait L’Avant-Garde en citant Paul Vaillant-Couturier : « être jeune c’est avoir la lutte pour le bonheur devant soi ! » Une belle formule pour rappeler que la jeunesse ne doit pas seulement attendre son avenir : elle peut commencer à le construire dès aujourd’hui.
Bien à toi,
La jeunesse lycéenne et étudiante a toujours manifesté contre la dégradation des conditions d’études, contre le manque de professeurs, contre les effectifs trop lourds. A chaque fois, cette jeunesse a été traitée avec dédain, arrogance et violence. La dégradation des services publics s’étant accéléré avec les politiques d’austérité successives, la jeunesse jamais entendue lorsqu’elle revendique légitimement, se révolte aujourd’hui de façon plus frontale. Ce n’est une surprise pour personne. La réponse gouvernementale qui consiste, dans un premier temps, à faire la sourde oreille et à jouer la montre, puis à envoyer une police sur-armée et ultra-violente, montre que le gouvernement s’engage dans une impasse totale. Les propos et l’idéologie du camp macroniste, de la droite et de l’extrême droite sont toujours de même nature : frapper d’abord, discuter sans aucune solution ensuite, puis oublier et faire oublier. Il est urgent de prendre position pour une autre politique : d’abord en finir avec les violences policières qui exaspèrent toujours plus les jeunes et leurs professeurs, engager de vraies négociations avec tous les acteurs ( jeunes, parents, enseignants) sur les questions les plus urgentess, construire avec eux une réforme profonde du système scolaire qui doit devenir une priorité politique.
Dans les faits, plusieurs points alignés faisant une ligne, le fascisme est d’ores et déjà au pouvoir et il n’a pas dit son dernier mot.
Macron fera tout pour qu’il n’y ait pas d’alternance et il lui faut une guerre -extérieure ou intérieure- pour garder le pouvoir et les intérêts de ses employeurs.
La violence macronienne ne fait que commencer à se déployer et la saison de récolte des yeux crevés ne fait que s’ouvrir ( ne pas oublier que si nous manquons de canadair, il y a pléthore de blindés de maintien de l’ordre).
Ce n’est pas la police qui tue, mais la macronie et son caudillo aussi ridicule que malfaisant. Le pire est à venir.
C’est plutôt l’inverse : des enfants contre la République.
Ça c’est plutôt une réponse de la droite bourgeoise et traditionnelle. Les lycéens doivent être dans les classes, travailler sans brocher et obéir. Surtout, ils ne doivent pas se plaindre. On connaît la musique….
C’est vrai ça, des enfants qui réclame les moyens nécessaire à leur éducation, pour devenir des citoyens et des citoyennes éclairé.es sont contre la république, mais encore faut-il savoir laquelle.
A l’évidence ils sont contre la république ploutocratique, autoritaire et éborgneuse de Macron, celle qui sert de litière au RN, celle qui préfère ponctionner les retraites au dessus de 1400 plutôt que d’aller « embêter Total ». C’est un fait.
Par contre il s’agit là des dignes héritiers de la République sociale, de celle issue de la Résistance, celle-là précisément que Macron détruit depuis dix ans.
A chacun ses élégances, les votre visiblement sont en kevlar.
Cher Renaud Bernard, Cher « citoyen sans parti »,
Je pense que c’est justement là qu’il faut éviter de tout mélanger.
Des lycéens qui se mobilisent contre le manque de professeurs, la dégradation de leurs conditions d’études, les inégalités scolaires ou Parcoursup ne sont pas « contre la République ».
Ils expriment des revendications sociales et politiques, et c’est plutôt un signe qu’ils prennent part à la vie collective.
On peut discuter des formes d’action, des blocages ou d’éventuels débordements sans transformer toute une mobilisation en opposition à la République. Sinon, on ne répond plus aux revendications : on réduit la jeunesse à un problème d’ordre public. Et c’est précisément ce que le mouvement actuel oblige à éviter.
Pour rappel, tu aimes l’ordre. Le désordres n’est pas la jeunesse qui s’est mobilisée le 29 septembre 2026. Les jeunes disposent bien encore de libertés publiques et du droit de manifester.
Et il faut aussi regarder ce qui s’est réellement passé : plusieurs interventions policières contre des adolescents ont été documentées ces derniers jours, avec notamment des jeunes gravement blessés. Certaines pratiques rapportées par les forces de l’ordre posent donc clairement des questions de légalité et de proportionnalité.
Tu peux aimer la « République à la mode d’Alexandre Benalla » et un pays qui se tient sage. Mais, ce n’est pas ma conception de la République parlementaire et des libertés publiques.
Réduire tout cela à « des enfants contre la République », c’est finalement éviter la question de fond : pourquoi cette jeunesse se mobilise-t-elle ?
Le Monde rapporte plusieurs adolescents gravement blessés et décrit les inquiétudes concernant des interventions musclées ; Libération documente notamment le cas d’un adolescent de 14 ans touché au visage par un tir de grenade lacrymogène à très courte distance, avec une utilisation décrite comme contraire aux règles.
Je t’invite à lire « Pour que jeunesse se fasse ! » de Léon Deffontaines. Il permet justement de regarder cette jeunesse autrement que comme un problème à contenir : comme une jeunesse qui a des droits, des revendications et une capacité à s’organiser et donc à faire vivre la démocratie.
Salutations citoyennes
@Lafleur. Je n’aime pas spécialement l’ordre pour l’ordre. Mais je n’aime pas la violence, la brutalité. Je n’aime pas non plus les démagogues qui instrumentalisent le malaise lycéen à des fins politiques. On sait que la jeunesse les aime, et ils le lui rendent bien. Ce n’est pas une raison pour approuver leurs méthodes.
Le malaise lycéen a des causes lointaines. L’Education nationale est le premier poste budgétaire, la France est le pays de l’OCDE qui dépense le plus pour chaque élève et pourtant nous reculons sans cesse au classement PISA. D’où vient cette inefficacité ? De plus la France est dans ce domaine la plus inégalitaire. D’où vient cette injustice, au sens de la justice distributive ?
Tous les gouvernements depuis des décennies ont leur part de responsabilité, ainsi que tous les acteurs sociaux, dans l’accumulation des fautes. Faut-il remonter jusqu’au plan Langevin-Wallon pour les identifier et trouver des remèdes ? La violence de rue n’y aidera pas. Ce ne sont pas les politiciens qui l’encouragent qui les apporteront.
Cher Renaud Bernard,
Je pense qu’il faut justement partir des causes matérielles du malaise plutôt que de réduire la question à la « violence de rue ».
Le problème n’est évidemment pas le plan Langevin-Wallon et au contraire. Le problème est la transformation progressive de l’Éducation nationale sous l’effet des politiques de sélection, de mise en concurrence et d’insuffisance des moyens.
Parcoursup en est un exemple majeur : il organise une sélection là où il faudrait garantir à chaque jeune un véritable droit à la formation. Et contrairement à ce que tu avances, la France ne dépense pas « le plus » par élève : l’OCDE situe la dépense française autour de la moyenne, avec des dépenses inférieures à la moyenne OCDE. La français dépense 14 699 $ par élève contre 15 305 $ en moyenne OCDE, soit environ 4 % de moins. L’OCDE précise que la moyenne du secondaire inférieur est de 15 305 $ et que les dépenses sont généralement supérieures à celles du primaire. Bien évidemment, le Royaume Uni, les Pays Bas, le Luxembourg, l’Allemagne, l’Italie dépenses plus que nous : nous sommes juste devant l’Espagne en ce domaine.
C’est là qu’une de classe est utile : il faut regarder qui subit concrètement la sélection, les classes surchargées, le manque d’enseignants, de personnels et de locaux, et les inégalités sociales qui structurent les parcours scolaires. Le mouvement lycéen n’est donc pas sorti de nulle part.
Si une infraction est commise, par un parlementaire, elle doit être établie et poursuivie individuellement, quelle que soit l’étiquette politique de celui qui l’a commise. Mais il faut également refuser les amalgames politiques : aucun député LFI n’a été arrêté dans ce mouvement. Au contraire, ils ont protégé des mômes. Accuser ou salir des parlementaires sur la base d’allégations non établies n’est pas davantage acceptable.
Et surtout, l’État doit garantir le droit à la sûreté. Or nous avons aujourd’hui des faits extrêmement graves : un lycéen de 15 ans a perdu une main à Lens, un autre de 14 ans a subi de graves fractures au visage à Saint-Ouen-l’Aumône, un jeune de 16 ans a perdu l’usage d’un œil à Tours. Dix enquêtes ont déjà été confiées à l’IGPN par les parquets.
Les enquêtes doivent aller à leur terme et établir précisément les responsabilités. Mais une chose est certaine : une démocratie ne peut banaliser la mutilation de mineurs au nom du maintien de l’ordre.
La proportionnalité de la force doit être contrôlée et le droit de manifester, comme les libertés individuelles et collectives, doit être garanti.
Enfin, plutôt que de chercher des coupables politiques au mouvement lycéen, le gouvernement devrait réunir rapidement les représentants des lycéens, les personnels, les syndicats, les collectivités territoriales et les ministères concernés pour traiter les problèmes de fond. Laurent Nuñez doit également rendre des comptes sur la doctrine du maintien de l’ordre : il sera auditionné demain par la commission des lois de l’Assemblée nationale précisément sur cette question. C’est le minimum.
C’est cela, à mon sens, traiter politiquement la situation : répondre aux causes sociales et matérielles du mouvement, garantir les libertés et la sûreté, et poursuivre les infractions lorsqu’elles sont caractérisées, sans amalgame ni deux poids deux mesures.
Salutations citoyennes
@Lafleur. C’est notre dégringolade dans le classement PISA qui m’inquiète le plus. Il est le symptôme d’un mal profond et ancien. Loin de moi l’idée de l’imputer à tel ou tel parti ou mouvance politique. Chaque camp, comme il est d’usage, va accabler l’autre. Tous ont une part de responsabilité, même sans remonter au plan Langevin-Wallon. Mais quid de la réforme Haby ? Quid du collège unique ? Quid du pédagogisme d’avant-garde qui fait des enfants, pour une bonne part d’entre eux, des analphabètes à leur entrée au collège ? Le problème est moins une question d’argent qu’une question de méthode. Les lycéens auront bien du mal dans le supérieur, où il leur faudra être armé de l’intelligence de compétition, et plus tard dans la vie, la vraie. Elle ne leur fera pas de cadeau.
Cet article me parle d’autant plus que, ce matin, j’ai reçu un mail de la PEEP du lycée où est scolarisée ma fille en terminale (association de parents d’élèves) et franchement, il m’a laissé un goût amer… (je vous laisse à vos jeux de mots sur la PEEP et le goût amer… je les ai déjà épuisé en début d’année).
En résumé : les revendications des lycéens sont légitimes, bien sûr… mais attention aux blocages, préservons la sécurité, continuons les cours, dialoguons, restons raisonnables.
Bref, vous avez raison les enfants, mais maintenant soyez gentils et rentrez en classe.
Sauf qu’à la rentrée, nous avons tous pu constater l’état pitoyable de certaines salles du Lycée Le Corbusier à Poissy (puisque c’est de celui-là que je parle… je le connais d’autant mieux que j’y ai fait une partie de mon secondaire dans les années 80)…. Et que face à ça, la seule position qu’on trouve bonne à promouvoir, c’est cette espèce d’inaction civique déguisée en neutralité politique qui me révolte quasiment autant si ce n’est plus, que la réponse policière choisie par ce gouvernement.
Parce que ne soutenir aucun parti, très bien, mais ne pas choisir entre ceux qui réclament des profs, des locaux dignes et des conditions normales d’étude, et ceux qui ont justement le pouvoir d’y répondre… ça commence à ressembler furieusement à un choix!!!
Par contre quand ça bloque, là, curieusement, la puissance publique retrouve une efficacité absolument remarquable: Arrêtés préfectoraux, forces de l’ordre, interdictions, interpellations, lacrymos… Soudain la machine administrative ronronne comme une horloge suisse!
Pour réparer un lycée, remplacer un prof ou répondre précisément aux revendications, ah ben là, il faut s’armer de patience parce « C’est compliqué vous savez »… Et puis il faut « dialoguer »… Depuis combien de temps déjà ?
A quoi servent exactement ces associations de parents si elles s’assignent pour rôle de demander aux gosses de rester sages pendant que les adultes responsables de la situation la laisse pourrir tranquillement ?
Du coup, je me vois mal aller voter pour, mais est-ce seulement une exception, l’unique candidate à cette mascarade électorale organisée dans les établissements scolaires…
Ne pourraient elles pas, ces associations de parents, s’engager pour encadrer les mobilisations, protéger celui qui manifeste comme celui qui veut entrer en cours, écarter les abrutis venus casser pour casser… et SURTOUT faire médiation avec la police, filmer si nécessaire, notamment pour les empêcher d’éborgner ou d’étouffer nos ados, privilège même plus réservé aux parents alors que parfois… franchement… 😉
Et puis y’a le fond… Depuis quand former des citoyens responsables à leur droits, ne fait pas partie des obligations de l’Education Nationale? A ce titre, aider à recueillir les revendications, exiger du rectorat et de la Région des réponses écrites, des engagements et des dates, sont autant d’actions qui mériteraient remerciements! Bref, agir en adultes et pas leur expliquer la citoyenneté depuis le trottoir d’en face…
Et puis derrière tout cela, il y a une question encore plus dérangeante, celle de la neutralité politique revendiquée: ça fait des années qu’on baisse la part de notre richesse nationale consacrée au budget de l’éducation… au moins depuis le début de la décennie 2010.
D’un côté, le public, qui accueille tout le monde et porte l’essentiel des difficultés sociales et des obligations du service public, et de l’autre, un privé sous contrat largement financé par l’argent public, mais dont les élèves sont devenus nettement plus favorisés socialement!
Magnifique trouvaille : on socialisait les dépenses et privatisait les bénéfices, ben on va faire en sorte d’appliquer le principe y compris à l’éducation et séparer le bon grain de l’ivraie à l’école…
On regarde l’école publique se débattre avec ses profs non remplacés, ses heures perdues, ses bâtiments fatigués et ses gamins qui finissent par mettre des poubelles devant la grille parce qu’ils ont compris « les bases » de la lutte sociale : quand ils parlent gentiment, personne ne les entend, quand ils bloquent, tout le monde arrive.
Et puis cette fatigue latente à force d’être confronté à cette petite entourloupe rhétorique qui consiste à condamner tellement fort les mauvaises formes de la contestation qu’on finit par ne plus parler de ses causes… Au bout du compte, si ce ne sont que des mômes de 15, 16 ou 17 ans, la violence physique que l’Etat leur oppose nous rappelle à quel point la jeunesse en quête de justice est porteuse d’un espoir pour l’avenir!
Quand je pense à ça, mon agacement à la lecture du mail, « tellement responsable », reçu ce matin vire à la colère… La neutralité face à l’injustice ne sert que l’injustice.
Cher Carlos H, Cher insoumis,
Ton témoignage me parle, parce que tu pars du concret : l’état du lycée, les heures de cours perdues, les profs manquants, puis cette injonction à « dialoguer » alors que, lorsqu’il s’agit de bloquer, la puissance publique semble soudain beaucoup moins lente.
Or, Amnesty International considère explicitement que les blocus pacifiques de lycées peuvent relever de la liberté de réunion pacifique et du droit de manifester. Cela ne signifie pas que tout blocage est sans limites juridiques, mais certainement pas non plus qu’un blocus pacifique serait par nature contraire à la République ou illégal et la chambre criminelle de la Cour de cassation a pris un arrêt dans ce sens le 14 janvier 2026 n 24.83-632, arrêt publié au bulletin.
Je te rejoins surtout sur le fait qu’on ne peut pas demander indéfiniment aux jeunes d’être raisonnables sans interroger ce qui produit leur colère. Défendre le droit des élèves à étudier dans de bonnes conditions et défendre ceux qui se mobilisent ne sont pas contradictoires. Et je trouve intéressante ton idée que les parents puissent jouer un rôle de médiation, de protection et de documentation plutôt que de simplement demander aux jeunes de rentrer en classe.
La CGT Éducation a appelé à protéger les mobilisations, ayant déposé un préavis sur le mois, et à ouvrir aux lycéens les maisons du peuple et les bourses du travail le 1er octobre. Le 2 octobre l’intersyndicale appelle à soutenir le mouvement et plusieurs syndicats ont déposé un préavis pour le 6 octobre. Le véritable enjeu est donc justement de construire une mobilisation capable de rassembler plutôt que de laisser s’installer un face-à-face entre jeunes et forces de l’ordre.
Les partisans des injustices sociales qui sont pour eux d’essence naturelle veulent la chienlit. L’intervention de policiers en civil qui provoquent des désordres contre des biens et la disproportion des interventions face à des adolescents sont documentés par des prises d’images et de son. Il faut impérativement que des sanctions soient prises pour protéger les gamins de violences.
Au fond, je crois que nous nous retrouvons sur l’essentiel : ne pas laisser les formes de la contestation faire disparaître ses causes.
Et surtout, considérer ces lycéens non comme des « enfants qu’il faudrait calmer », mais comme des jeunes capables de formuler des revendications, de s’organiser et d’apprendre la démocratie par l’action. C’est aussi pour cela que je trouve intéressante l’initiative du MJCF avec les cahiers de doléances des lycées : recueillir ce qu’ils vivent, faire émerger leurs revendications et leur donner une capacité collective d’intervention.
Là, on passe de la colère à l’organisation. Et c’est probablement ce qui manque le plus à notre démocratie aujourd’hui.
La Peep est et a toujours été une association de parents d’élèves de droite.
Je leur avais fait part, par mail, de mon profond malaise quant à leur message avant de m’en libérer ici en des termes moins édulcorés… Et bien ils m’ont répondu hier, en m’invitant à soutenir la FCPE non sans avoir défendu une position quant à l’instrumentalisation des mouvements de jeunesse par des organisations politiques.
En somme, j’ai retrouvé dans leur réponse une rhétorique droitière qui venait contredire l’engagement « apolitique » pourtant revendiqué. Cet immobilisme face à la répression violente qui touche nos ados m’a, je l’avoue, pétrifié à mon tour: Quel individu faut il être pour reconnaître la justesse des revendications de nos enfants et malgré tout ne rien tenter d’autre que des stratégies qui du propre aveu de la PEEP, n’ont jamais réussi à lever aucun des blocages institués par le pouvoir politique?
Pétrifié, puis dégouté… et enfin nauséeux…
Cher Carlos H,
L’apolitisme est un mythe. Cela signifie : je suis une organisation conservatrice.
De qui les sauvageons sont-ils les héritiers ? De la France résistante ? De la république sociale ? Les Français ne sont pas dupes. Une poubelle qui brûle c’est dix mille voix perdues pour Mélenchon.
Cher Renaud Bernard,
Une poubelle brûlée est une poubelle brûlée : elle peut être condamnée sans pour autant effacer la réalité sociale d’un mouvement. Réduire la mobilisation lycéenne à quelques incidents, c’est précisément refuser d’en analyser les causes.
Les charges illégales et les actions d’agents provocateurs déjà documentés appellent à une
condamnation de c’est agissements.
Des enfants ont été blesses physiquement et déjà certains mutiles. Un lycéen a failli être noyé par un policier et il a porté plainte pour tentative de meurtre. Le droit à la sûreté contre la violence aveugle de l’Etat libéral est violé atteignant gravement les droits constitutionnels.
Le mouvement est né le 21 septembre à Créteil autour de revendications très concrètes : manque de professeurs et de personnels, classes surchargées, locaux dégradés, emplois du temps, pression de Parcoursup et inégalités scolaires. Il s’est ensuite étendu bien au-delà de toute initiative de Mélenchon, avec des organisations lycéennes et de jeunesse.
La question est donc : pourquoi une jeunesse scolarisée, notamment dans des établissements populaires, en arrive-t-elle à bloquer son lycée ?
Que révèle cette colère des conditions matérielles d’existence et de reproduction de la classe travailleuse ?
Quant à « dix mille voix perdues pour Mélenchon », c’est justement le problème : ramener une mobilisation sociale à son éventuel bénéfice électoral pour un homme politique, c’est déjà lui appliquer une grille purement électoraliste.
Le peuple se moque des débats stériles et politicards laissés par Retailleau et le
RN avec l’appui des macronistes et de certains médias tenus par des milliardaires réactionnaires
Les lycéens ne sont pas les héritiers d’une poubelle qui brûle. Ils sont aussi les héritiers d’une République qui a construit l’école publique, de la Résistance et des conquêtes sociales du mouvement ouvrier. À nous de savoir s’ils resteront une colère dispersée ou s’ils pourront devenir une force organisée, avec des revendications, des syndicats, des organisations de jeunesse et des conquêtes concrètes.
C’est cela qu’il faut regarder à l’approche de 2027, plutôt que de compter les poubelles.
Bien à vous
@Lafleur. Qui compte les poubelles brûlées ? Qui milite dans une perspective électoraliste ? Les lycéens ne sont pas tous des sauvageons mais tous sont les héritiers d’une politique éducative qu’ils nous invitent à repenser. Nous manquerions à une exigence pédagogique et civique si nous différions encore le moment de le faire.
Le mouvement ouvrier n’est pas le creuset d’où tout, en France, serait issu, l’essence même de la nation, son âme, ses lois et ses armes, les équilibres sociaux et le dialogue entre les citoyens. Beaucoup de courants de pensée et d’action ont contribué à façonner notre pays, pour son bien comme pour son mal, et nous voyons aujourd’hui dans quel état il est. Le malaise lycéen en est un aspect. Vous allez vite en besogne, tout équipé d’analyse marxiste je présume – reprenez-moi si je me trompe – pour désigner les coupables selon un schéma binaire qu’il m’a déjà été donné d’entrevoir chez vous. Vous ne pouvez pas vous empêcher de considérer la politique comme un jeu à somme nulle. C’est enraciné dans votre esprit, probablement.
Cher Renaud Bernard,
Je trouve assez curieux de me reprocher une analyse « binaire » alors que votre commentaire juxtapose les poubelles brûlées, l’électoralisme supposé et votre vision du marxisme sans réellement répondre aux sujets que j’ai abordés.
Évidemment qu’une poubelle brûlée doit être comptabilisée et que toute infraction caractérisée doit être poursuivie. Mais une poubelle brûlée, cela se remplace. Une main arrachée, une mâchoire fracturée ou un œil perdu ne se remplacent pas. C’est pourquoi la question de la proportionnalité de l’usage de la force et de la doctrine du maintien de l’ordre est fondamentale et pose problème.
Nous parlons en outre de lycéens, parfois très jeunes, qui ne disposent pas d’un service d’ordre comparable à celui d’une organisation syndicale structurée. Cela ne les exonère aucune infraction individuelle, mais cela doit être pris en compte dans la manière dont l’État organise le maintien de l’ordre face à une mobilisation de mineurs.
Et il faut aussi s’interroger sur les causes de cette mobilisation. Si le gouvernement et les régions avaient répondu suffisamment tôt aux difficultés qu’ils connaissent, notamment dans les établissements, les transports, les conditions d’études et l’orientation, ces jeunes n’en seraient peut-être pas à devoir descendre dans la rue pour pouvoir enfin se faire entendre et avoir des réponses. C’est aussi cela, faire de la politique : prévenir les conflits sociaux plutôt que simplement gérer leurs conséquences par la répression.
Vous reconnaissez d’ailleurs vous-même que les lycéens sont « les héritiers d’une politique éducative » et qu’ils nous invitent à la repenser. Nous sommes donc d’accord sur l’existence d’une contradiction qu’il faut traiter. Reste à savoir laquelle, pourquoi elle s’est constituée et qui en supporte concrètement les conséquences.
Et puisqu’il est question de faits, je maintiens également la correction apportée à votre argument budgétaire : l’OCDE ne dit pas que la France est le pays qui dépense le plus par élève. Dans le secondaire inférieur, elle est à 14 699 dollars PPA par élève contre 15 305 en moyenne OCDE. La question pertinente est donc celle de la répartition des moyens, des personnels, des effectifs, des conditions d’enseignement, des inégalités sociales et territoriales et de l’organisation du système scolaire.
Quant au marxisme, vous lui prêtez une conception caricaturale que je ne défends pas. Le matérialisme historique ne prétend nullement que le mouvement ouvrier serait « l’essence » de la France ni que tout se réduirait à deux camps. Nos conceptions de l’Etat sont plus complexe. Nous cherchons à comprendre comment s’articulent rapports de production, classes et fractions de classes, institutions, idéologies, organisations et luttes sociales.
C’est justement pourquoi je refuse votre alternative implicite : soit on condamne les violences commises par certains, soit on dénonce les violences policières et les insuffisances de l’État. On peut et on doit faire les deux. Et la responsabilité de ceux qui ont le maintien de la sûreté et de l’intégrité des personnes est un enjeu citoyen pour garantir les libertés publiques.
Et je ne vois pas davantage ce qui permet d’affirmer que ceux qui soutiennent les revendications lycéennes le feraient nécessairement dans une perspective électoraliste. Retailleau a fait de l’électoralisme en parlant de LFI. Si vous avez des faits précis pour l’établir, donnez-les. Sinon, cela reste un procès d’intention.
La colère sociale ne naît pas de rien. Lorsqu’on laisse s’accumuler les problèmes sans y répondre, puis qu’on répond à la mobilisation principalement par la force, on prend le risque d’alimenter cette colère. Qui sème les conditions du conflit doit aussi s’interroger sur ce qu’il récolte.
La vraie question me paraît donc beaucoup plus simple : comment répond-on rapidement au malaise lycéen, comment garantit-on les libertés publiques et le droit à la sûreté, et comment transforme-t-on réellement une politique éducative qui produit depuis des années de la sélection et des inégalités ?
C’est sur ces questions concrètes que je préfère débattre plutôt que sur les intentions supposées des uns et des autres.
Citoyennement
@Lafleur. Tous les candidats font de l’électoralisme, par définition. Il sont en campagne. Je ne sache pas, au vu de l’actualité, que M. Mélenchon soit le plus sobre, le plus mesuré dans cet exercice. Mais la campagne ne fait que commencer. Nous verrons comment elle se terminera.
Il y a de nombreuses conception du marxisme. Plus une théorie philosophique s’enfonce dans la profondeur historique, plus nombreuses sont les variantes, sous-familles, hétérodoxies et autres produits dérivés qui apparaissent à un moment ou à un autre, ici ou là. Que les prévisions de la théorie initiale peinent à se réaliser ne fait que nourrir cette évolution. La démocratie donnant aux partis politiques une entière liberté, les partis communistes en usent sur le plan doctrinal pour interpréter larga manu leurs références conceptuelles et oublier leur acte fondateur. Le pouvoir aussi donne cette liberté au parti qui l’occupe, à la seule fin de le garder. Le cas le plus spectaculaire est celui de la Chine, pays communiste qui fabrique plus de milliardaires que les États-Unis.
On comprends dès lors pourquoi les médias les passent en boucle… ces poubelles qui brûlent. Qui cherche donc à duper les français?
Mélenchon.
Est ce lui qui compte les poubelles brûlées??? ou les médias si prompts à les relayer???
Non!
En l’occurrence, il n’y est pour rien. Le mouvement a débuté à Créteil. Des lycéens se sont solidarisés avec leurs profs !
Le fait générateur est la réduction du budget régional pour l’entretien et les rénovations des Lycées par Valérie Pecresse. C’est aussi les économies en nombre de postes dans les budgets de l’Etat et la réforme Parcours sup voulue par Macron.
Aujourd’hui, ce sont les organisations lycéennes. Lecronu a écrit. Le PCF par la voix de Fabien Roussel a proposé un pacte à tous les partis pour répondre aux revendications au titre du budget 2027 qui est débattu.
Melenchon n’est pas l’alpha et l’oméga. Vous lui prêtez trop et abusez de sa réputation.
À Saint-Étienne comme partout en France protégeons nos lycéens, écoutons-les !
Des jeunes qui se mobilisent pour demander des moyens pour l’école, de meilleures conditions d’étude et un avenir digne ne doivent pas être considérés comme un problème d’ordre public.
Après 51 ans de militantisme syndical à la CGT, je sais que la jeunesse a toujours été une force de transformation sociale. Elle peut se tromper, dépasser certaines limites, provoquer parfois. Cela se discute, cela s’encadre, cela se dialogue.
Mais la réponse ne peut pas être la répression.
À Saint-Étienne et dans la Loire, nous devons être aux côtés de nos lycéens. Lorsqu’ils se mobilisent pacifiquement, nous devons contribuer à leur protection, notamment par des services d’ordre syndicaux capables de prévenir les affrontements et de maintenir le dialogue.
Une démocratie qui demande aux jeunes de croire en la République doit aussi être capable de les écouter et de respecter leur droit de s’exprimer.
Ils ne sont pas seulement l’avenir de la République : ils en sont déjà le présent.
Alors ne restons pas spectateurs.
Organisons-nous pour les protéger. Soyons présents à leurs côtés. Créons les conditions du dialogue. Défendons leur droit de se mobiliser.
À Saint-Étienne et dans la Loire, faisons de la solidarité une réalité sur le terrain.
Parce que lorsque la jeunesse se lève pour défendre son école et son avenir, notre responsabilité n’est pas de la faire taire : c’est de l’accompagner.
Lycéens, enseignants, parents, syndicats, citoyens : rassemblons-nous. Soyons nombreux, soyons organisés, soyons solidaires.
La jeunesse se mobilise.
À nous maintenant d’être à ses côtés.
Vous avez tout dit, merci !
Et la grosse ficelle de l’exploitation de la violence que l’on a soi même organisé, ça ne marche plus , sauf chez les droitards, bien évidemment.
Reste que les manifestations unissent toutes sortes de personnes, dont la grande majorité n’a pas intérêt à la violence, par contre se poser la question de savoir à qui ça profite, n’est jamais posée par nos journaleux à deux balles.
Manifester devant son bahut tranquillement avec les mots de son âge, et se voir charger par la police armée jusqu’aux dents, il ni avait que Gandhi pour rester calme et souriant, les bousculades, les coups, les insultes, transforment quelquefois les agneaux en loups, quand c’est l’inverse, c’est que la démocratrie est en danger.
Des revendications justes, biens expliquées, dont les élèves et leurs professeurs ont consciences, ne devraient pas finir sur nos plateaux télés en un spectacle de feu et de violences, si cela arrive, c’est que le pouvoir politique n’est plus à la hauteur de ses responsabilités.
Dites, en pourrissant chaque jour la situation, ce ne serait pas là un prétexte à dégainer l’article 16 de notre constitution, notre souverain n’oserait pas quand même ? Quoi que, ces dix dernières années d’applications de la constitution…
Evoquer cette crapule (et encore, je suis polie) de Mitterrand, non, s’il-vous-plaît. Ce gouvernement méprise « sa » Jeunesse et hait « ses’ Vieux. A moins que ce ne soit l’inverse. Mais peu importe. Ce pays se faschise à la vitesse grand V. Il est temps de se ressaisir avant qu’il ne soit trop tard.
Oui ! Il est temps de se ressaisir pour les gens d’ordre avant que le gouvernement engendre une crise plus profonde mais peut-être salutaire : la bourgeoisie a tendance à vendre la corde avec laquelle elle sera pendue par dogmatisme.
Après avoir regardé les chiffres de l’Insee, une question se pose.
En 40 ans, la dépense globale consacrée à l’éducation, partagée par l’Etat, les collectivités, les entreprises et les ménages a doublé en Euros constants. Ceci est vrai en valeur absolue et pour la dépense par élève.
Alors comment se fait-il que cet accoissememt majeur des dépenses ne se voit pas dans toutes les salles de classe ?
Ça serait moins exaltant qu’une révolte dans les rues, mais il me paraît essentiel de demander des comptes et des explications précises et techniques aux différents gestionnaires de notre système éducatif. L’Etat comme « DRH » du personnel et les collectivités comme organisatrices du quotidien et des moyens.
Petite remarque en passant en tant que père d’un lycéen et d’un collégien, quand je leur demande comment ils perçoivent ce mouvement, ils me répondent que les réseaux sociaux rendent tout ça follement amusant et compétitif – c’est à qui fera le plus « gros coup » (et aussi, selon mon interprétation et observation, anxiogène et falsifié).
Comme quoi Dimitri, faut se méfier des chiffres…
Si la dépense d’éducation a énormément augmenté en euros constants depuis 1980, l’effort réel du pays, lui, n’a quasiment pas bougé : 6,6 % du PIB en 1980, 6,8 % en 2024. On était même à 7,8 % en 1995-1996. Donc non, on n’a pas vraiment augmenté la part de notre richesse consacrée à l’école…
Et surtout, 85 % de toute la hausse dont tu parles depuis 1980 était déjà acquise en 2000… il y a un quart de siècle !!! Depuis une quinzaine d’années, en euros constants, la dépense par élève du secondaire stagne, voire recule légèrement.
Alors du coup, où est passé le gain énorme des années 80-2000 ?
À cette époque, dans le secondaire public, on a gagné environ 100 000 profs, soit +37 %, alors que les effectifs d’élèves n’augmentaient que d’environ 5 %. Mais ça ne s’est pas forcément matérialisé sous forme de classes plus petites.
a) Une partie a accompagné la « massification » du lycée : le nombre total de lycéens n’explose pas, mais la proportion d’une génération qui obtient le bac passe d’environ 26 % en 1980 à 63 % en 2000. Le lycée général et technologique gagne environ 380 000 élèves, le bac professionnel est créé en 1985 et représente déjà plus de 11 % d’une génération de bacheliers en 2000. Bref, on conduit beaucoup plus de jeunes beaucoup plus loin, avec davantage de filières, d’ateliers, de TP, d’options et d’enseignements spécialisés.
b) Et surtout, on développe fortement les groupes et dédoublements. En gros : 30 élèves pendant une heure avec un prof = 1 heure-professeur. Tu coupes la classe en deux groupes de 15 : les élèves ont toujours chacun une heure de cours, mais il faut désormais 2 heures-professeurs. Alors que le nombre d’heures de cours reçues par les lycéens varie très peu, celui des heures-professeurs augmentent par exemple de 13 % en seconde et jusqu’à 22 % en terminale S.
Par contre, leurs salaires ne deviennent pas pour autant mirobolants, même revalorisations de carrière comprises… Et surtout, on voit progressivement les revendications syndicales changer complètement de nature: Dans les années 80-90, on parle encore de démocratisation, de réduction des inégalités, de transformation pédagogique, de revalorisation, de baisse des effectifs… Puis on passe peu à peu à : ne supprimez pas les postes, sauvez les options, maintenez les heures, remplacez les absents !
Aujourd’hui, syndicats, parents et même élèves (!!! dans la rue!!!) en arrivent à réclamer tout simplement le remplacement effectif des professeurs absents!
Ben alors, il s’est passé quoi ?
À partir du moment où la dépense réelle par élève cesse pratiquement de progresser, on lui demande au contraire de faire toujours plus de choses: Plus d’orientation, plus d’individualisation, plus d’inclusion, plus de projets, plus d’évaluations, plus de suivi, plus de « compétences », plus de coordination, plus de gestion locale… et bien sûr toujours faire progresser les élèves.
Sauf que les moyens réels par élève, eux, ne progressent plus vraiment. Donc forcément, ils se diluent entre davantage de missions. Dont dorénavant une belle couche de bureaucratie : puisqu’il faut être « efficace », il faut aussi mesurer, évaluer, renseigner, contractualiser, faire des projets, produire des indicateurs… Bref, une partie croissante du travail ne consiste plus directement à enseigner! Ce n’est donc pas forcément que les profs « font moins bien leur boulot. C’est plutôt qu’on leur a empilé des objectifs les uns sur les autres sans augmenter dans les mêmes proportions le temps et les moyens permettant de les atteindre!
Et derrière tout ça, il y a une évolution encore plus profonde : l’école est devenue le lieu d’une compétition de plus en plus forte entre diplômes, filières et établissements. En 1980, avoir le bac distinguait encore fortement… Aujourd’hui, puisque beaucoup plus de monde l’a, la compétition se déplace : quel bac ? quelle spécialité ? quel lycée ? quel supérieur ? quel master ? Et surtout, y aura t’on accès ???? (merci Parcoursup!)
Chacun doit donc aller toujours un peu plus loin pour ne pas reculer dans la file… C’est un peu comme le syndrôme de la Reine Rouge d’Alice au Pays des merveilles sauf qu’il ne s’agit même plus de rester à la même place! Collectivement, on produit beaucoup plus de diplômes ; individuellement, chacun a toujours intérêt à en obtenir davantage puisque le diplôme supérieur devient nécessaire pour conserver la même position relative…
On demande toujours davantage à l’école parce que notre société fait toujours davantage reposer la compétition sociale sur elle, alors même que l’effort financier réel par élève ne suit plus depuis quinze ans. À force, les moyens qui servaient hier à améliorer l’école servent aujourd’hui de plus en plus simplement à la faire tenir.
Quand une revendication finit par devenir : « trouvez au moins quelqu’un pour remplacer le prof absent », ça dit peut-être davantage sur l’état réel de notre société que sur celui uniquement de l’école… Vivement la rupture!
Merci pour vos explications.
Pour moi, elles témoignent d’un mal profond de nos administrations : toujours plus compliqué, plus cher et moins efficace. Au passage l’efficacité n’est pas du tout un gros mot ! L’efficacité c’est réussir à remplir une mission, mais encore faut-il l’avoir correctement définie, de façon compréhensible pour ceux qui l’a remplissent et ses usagers.
La complexité ne nourrit que la bureaucratie comme vous dîtes. Mais n’apporte aucun nouveau service à la population.
Ça n’est pas tant d’une rupture que nous avons besoin je pense, mais d’un régulier effort de simplification.
L’individualisation au lycée est stupide. Il est bien temps de se spécialiser plus tard. Alors simplifions, faisons en sorte que nos enfants soient capables de parler un bon français, aient un niveau de maths convenable, puissent articuler une vue de l’histoire de leur pays et puissent échanger avec leurs voisins du Monde, en anglais. Ça sera déjà pas mal. Profitons en pour réduire leur temps scolaire et laissons les s’ennuyer l’après-midi, ils finiront par regarder autre chose que tiktok !
Et la répression lycéenne contre les forces de l’ordre, on en parle ? Combien de victimes du côté des policiers ?
C’est vrai le fascisme est aux portes du pouvoir avec LFI.
Cher Nado,
Le fascisme a une définition.
LFI n’est pas fasciste. Le jeu de la polarisation que vous jouez est mal sain. Vous êtes un bon agent électoral de LFI qui est bien dépassé présentement et qui n’y est donc pour rien.
Il faut arrêter de croire sur parole les chaînes infos et les déclarations du RN et de Retailleau.
Je pense qu’il faut partir des faits plutôt que des amalgames. Personne ne justifie les violences contre les policiers, mais réduire la mobilisation lycéenne à celles-ci, c’est inverser la réalité. Les revendications portent d’abord sur leurs conditions d’étude : enseignants et personnels en nombre, remplacement des absents, classes moins chargées, établissements correctement équipés, et égalité réelle face à Parcoursup et à l’orientation.
Surtout, le mouvement n’est pas né d’un appel du de Mélenchon : il est parti le 21 septembre d’un lycée de la région parisienne confronte à des absence de professeurs et des locaux désuet (Que fait Pecresse (LR) sur ce volet?), avant que des organisations de jeunesse et lycéennes n’appellent à son élargissement après le 29 septembre en pointant comme le MJCF parcours sup.
LFI est ensuite intervenue, car Retailleau en mal de publicité étant à la peine dans les sondages a voulu se faire un coup de pub, mais cela ne permet pas de réécrire l’origine sociale et revendicative du mouvement. Et Retailleau n’en tirera très peu.
Quant au « fascisme aux portes du pouvoir avec LFI », l’analyse commande là aussi de regarder les rapports de forces. Le PS et Mélenchon ont participé, chacun à leur manière, au fonctionnement du système d’ordre actuel.
La séquence de 2024 n’a pas réglé la crise : la stratégie de sauvetage de Macron, notamment portée par Mélenchon, a surtout contribué à congeler les contradictions et à nous infliger trois années supplémentaires de macronisme.
La question pour 2027 n’est donc pas de distribuer des étiquettes, mais de savoir quelles forces sociales peuvent organiser la colère, défendre les intérêts du peuple travailleur et transformer les revendications immédiates en conquêtes politiques. C’est à cette condition que l’on peut combattre réellement l’extrême droite et le système qui nourrit sa progression.
Il est impératif de réclamer la fin des violences et des exactions des forces de l’ordre, la fin des provocations d’agents en civil et les lycéens doivent pouvoir accéder aux bourses du travail, les préfets et les’ sous-préfet les entendre et récupérer les cahiers de revendications. Le premier ministre et celui de l’éducation nationale avec les présidents de région doivent proposer des solutions pour permettre la fin du mouvement sauf à jour le pourrissement et donc être responsable politiquement des désordres et des blocages qui ne sont que la conséquent de ses erreurs politiques a l’égard de notre avenir.
Bien à vous,
« Quant au « fascisme aux portes du pouvoir avec LFI », l’analyse commande là aussi de regarder les rapports de forces. Le PS et Mélenchon ont participé, chacun à leur manière, au fonctionnement du système d’ordre actuel. »
= Voilà une affirmation intéressante qui laisse entendre que LFI « accompagne », certes pas à la manière bienveillante du PS, mais accompagne tout de même le pouvoir dans son fonctionnement… En quoi LFI, en s’opposant frontalement au gouvernement dès que l’occasion lui est donnée et en dénonçant ses accointances avec l’extrême droite autant que sa soumissions aux puissants, participe plus que les autres partis de la gauche de « rupture » (mais sont ils si nombreux?) à pérenniser l’ordre inique actuel?
La séquence de 2024 n’a pas réglé la crise : la stratégie de sauvetage de Macron, notamment portée par Mélenchon, a surtout contribué à congeler les contradictions et à nous infliger trois années supplémentaires de macronisme. »
= Et donc Mélenchon maintenant sauve Macron? C’est votre opinion? une intuition peut-être? J’avoue que de quelqu’angle de vue que j’aborde, je n’arrive pas à voir une seule bouée de sauvetage lancée à la macronie… Ah si! peut être les 600.000 voix qui manquait à Roussel pour être au second tout à la dernière présidentielle!!! A moins que…
Cher Carlos H,
Je pense que notre désaccord mérite justement que nous sortions des procès d’intention. Je n’ai jamais dit que Mélenchon aurait « sauvé Macron » au sens où il aurait voulu consciemment maintenir la macronie. Mon propos est, en matérialiste, il faut regarder les effets objectifs d’une stratégie sur les rapports de forces, et pas seulement les intentions de ceux qui la conduisent.
La séquence de 2024 est assez éclairante. Le NFP a empêché le RN d’obtenir la majorité annoncée par beaucoup de projections et a obtenu le groupe le plus important à l’Assemblée. Mais le mécanisme du front républicain a également permis au bloc macroniste de conserver une force parlementaire considérable. Une estimation Ipsos-Talan donnait ainsi 72 % de reports des électeurs du NFP vers Ensemble lorsque le candidat macroniste affrontait le RN. C’est là que se situe ma critique : pas dans l’idée d’une alliance secrète entre Mélenchon et Macron, mais dans la contradiction entre une stratégie présentée comme une rupture avec le macronisme et ses effets institutionnels.
Or, Macron est resté à l’Élysée, l’appareil d’État n’a pas été transformé et les rapports sociaux fondamentaux n’ont évidemment pas été renversés. Victor Sarkis parle de « congélation » des contradictions après 2024. Une élection peut déplacer les rapports parlementaires sans pour autant transformer les rapports de classe. C’est précisément la distinction qu’il faut faire.
Et cela vaut aussi pour le RN. Dire que le front républicain a contribué à contenir son nombre de sièges en 2024 ne signifie pas que le RN n’a pas progressé socialement et électoralement. Les résultats définitifs montrent d’ailleurs l’importance du phénomène.
La vraie question est donc ailleurs : pourquoi des millions de travailleurs, d’employés et de catégories populaires se détournent-ils du PCF, de LFI, du PS ou de la gauche organisée, et quelles organisations sont capables de reconstruire un rapport de forces populaire durable ?
C’est là que je trouve insuffisante une stratégie qui réduit essentiellement la lutte politique à la présidentielle et au second tour. Le problème n’est pas seulement de savoir qui empêcher d’arriver au pouvoir. Il est de savoir comment organiser les travailleurs pour qu’ils puissent eux-mêmes peser sur le pouvoir, dans les entreprises, les quartiers, les syndicats, les communes et les institutions.
Et je maintiens donc ma formule, en la précisant : je ne dis pas que Mélenchon « sauve Macron » ; je dis que certaines orientations du NFP ont pu produire objectivement des effets de stabilisation institutionnelle du macronisme, tout en étant portées par des forces qui se présentent comme ses adversaires.
C’est précisément cette contradiction qu’il faut analyser, sans caricaturer LFI ni exonérer pour autant sa stratégie de toute critique.
Il y a un autre élément que je trouve important dans cette discussion : regarder qui a réellement bénéficié de la progression électorale du NFP.
La NUPES avait obtenu autour de 150 députés en 2022 ; en 2024, l’Union de la gauche en compte 178 selon la classification officielle du ministère de l’Intérieur. Mais cette progression ne correspond pas à une simple extension de LFI. Elle a aussi permis l’élection ou la réélection de profils qui ne sont pas précisément des représentants de la ligne Mélenchon : François Hollande, Dominique Voynet, Aurélien Rousseau, Laurent Panifous, etc.
Et, dans le même temps, LFI a écarté de ses investitures plusieurs de ses propres députés sortants : Alexis Corbière, Raquel Garrido, Danielle Simonnet et Hendrik Davi. Trois d’entre eux ont finalement été réélus malgré l’absence d’investiture LFI ; Corbière, Simonnet et Davi ont donc démontré que leur implantation électorale ne dépendait pas simplement de l’appareil mélenchoniste. Et aussi une candidature dissidente LFI contre Bourouhaha/Buffet dans la 93-4 ; comme en 2022 face à Fabien Roussel.
C’est là que je pose une question de fond sur la démocratie interne. On peut défendre la ligne politique de Mélenchon comme toi et considérer que ces choix étaient légitimes ; mais on peut aussi constater objectivement qu’une stratégie d’élargissement électoral du NFP coexistait avec une sélection très stricte des candidatures à l’intérieur de LFI et contre le PCF.
Et c’est précisément ce qui me gêne dans l’argument consistant à dire : « LFI combat le système, donc toute critique de sa stratégie revient à l’accuser de participer au système. » Non.
Une organisation peut combattre frontalement un gouvernement et, simultanément, avoir une conception très centralisée de son propre fonctionnement ou prendre des décisions dont les effets politiques sont contradictoires avec ses objectifs affichés. C’est même une question très marxiste : il faut analyser la contradiction entre la conscience que les acteurs ont de leur propre action et les effets objectifs qu’elle produit dans les rapports de forces.
Je ne dis donc toujours pas que « Mélenchon sauve Macron ». Je dis quelque chose de plus précis : la stratégie mise en œuvre depuis 2024 peut produire simultanément une forte opposition au macronisme, une protection institutionnelle temporaire du bloc central et un élargissement du rassemblement électoral à des forces qui ne sont pas celles de LFI. Et cela pose une question à toute la gauche : voulons-nous simplement additionner des candidatures uniques sans principes pour gagner des sièges, ou construire une organisation populaire durable, démocratique, capable de faire vivre le programme entre deux élections ?
Pour moi, c’est cette deuxième question qui est décisive. Une organisation qui ne peut être la LFI laquelle a désactivé le PG et vise juste à remplacer le PS, en ayant l’hégémonie, comme ce dernier avait fait en remplaçant la SFIO dite maintenue.
Segolene Royal et Emmanuel Maurel sont plus à gauche désormais que Melenchon.
Attention, si ils sont désignés par la primaire ou encore Olivier Faure, et sans parler d’une éventuelle candidature des écologistes, Melenchon aura très peu de chance d’être au second. Bon courage pour votre union des sociaux-démocrates ! Roses de toutes les fractions, unissez vous !
Vous les aurez les 600 000 voix d’Anne Hidalgo 2022 qui vous ont déjà bien manquées à l’époque. En effet, ces électeurs n’auraient probablement pas voté communiste mais pour le soc-dem Meluch..
PS: Et assumez que vous ne voulez pas nationaliser Total et que vous avez une politique énergétique de fermeture de nos 56 réacteurs et d’arrêter toutes les recherches dans ce secteur.
Oui… Tu fais bien de traduire… Puisque c’est bien ce que tu avais écris. Mais je veux bien croire que le poête s’est juste laissé emporter par sa prose!
Pour autant, tu ne prêtes peut-être pas réellement à Mélenchon l’intention de « sauver Macron », mais tu continues d’appeler « sauvetage » un effet que tu attribues à sa stratégie. La nuance est bienvenue… Mais elle n’enlève rien au fond.
Alors, puisqu’il faut parler « cuisine » (c’est décidément une habitude chez les pros de la tambouille), dans les duels Ensemble-RN, si 72 % des électeurs NFP interrogés ont voté pour le candidat d’Ensemble, ça documente sûrement le front républicain et le barrage au RN, mais certainement pas que Mélenchon aurait voulu prolonger le macronisme…
En tous cas, on sent qu’il t’a fallu faire un peu de gymnastique pour arriver à cette conclusion. Le NFP est devenu le premier bloc parlementaire, tandis que la coalition présidentielle est passée de 250 députés avant la dissolution à 166 après les élections. Soit tu te trompes, soit Mélenchon n’avait pas suffisamment de bouées pour tout le monde…
Et ne te sent pas obligé de mettre 3 sujets différents dans le même sac parce que ca le rendra pas plus lourd pour autant! La mise à l’écart de députés sortants peut nourrir une critique de LFI (sérieuse ou ridicule pour qui voudra), ça ne changera pas le résultat qu’a fait le NFP… Et à l’époque, c’était bien la seule chose qui importait face au RN!
Quant aux « 600 000 voix d’Hidalgo », il est savoureux que ce soit un fidèle de Roussel qui les évoque… Mélenchon a terminé à 421 308 voix de Le Pen (je précise à la voix près… exprès… rappelez moi le score du PCF déjà? Oh et puis non, je vais le faire : 802 422 voix!), c’est quand même dommage que la gauche ait manqué son rendez-vous avec le pouvoir pour si peu, NON ?
Allez… pour être franc, je doute que toutes les voix de Roussel eussent profité à Mélenchon si d’aventures le PCF avait décidé de supporter LFI plutôt que d’envoyer son propre candidat. Quelques unes sans doutes… Mais je reste persuadé que les militants communistes qui le souhaitaient avaient déjà voté en conscience pour un programme qui a défaut d’être le leur, partageait moulte points communs avec celui-ci! Tout comme je ne doute pas une seconde qu’ils le referont à la prochaine élection présidentielle!
Quant à Total, aux 56 réacteurs, à Royal, à Maurel… joli feu d’artifice! Tu me reproches de caricaturer ta thèse, et tu t’en presses d’en faire autant! Bref, c’est pas une analyse matérialiste ce que tu me livres là, c’est juste une opinion politique! Mais je te rassures, on n’est pas obligé d’être d’accord…
Bref, ceux qu’ils faut convaincre ne sont pas sur ce fil de discussion! Pour que la gauche soit au second tour, il faut impérativement redonner un espoir à ceux qui ne croient plus au bulletin de vote (qui les en blâmera?!)! Sur ce point, on sera au moins d’accord si j’en crois ce que tu en as déjà dis.
Cher Carlos H,
Il faut redonner un espoir politique à celles et ceux qui ne croient plus au bulletin de vote. Mais je ne pense pas que les résultats électoraux suffisent à départager nos analyses.
Oui, je te parle de Royal et de Maurel car ce sont des sociaux-démocrates. Maurel a été élu sur la liste de Manon Aubry député européen en 2019. La rupture entre LFi et la GRS, dont entre Mélenchon et Lieneman, devrait t’interroger ; comme la rupture avec Marc Dolez, Charlotte Girard, François Coq, Alexis Corbière, Daniele Simmonet, Hendrik Davi etc.
Oui, ce sera les voix du candidat PS qui vous manqueront. Hidalgo a fait 1,75%. Son parti n’a pas disparu pour autant. Ses électeurs ont voté Mélenchon. Dont acte. La présence de candidature Ecologistes ou PS/PP n’aidera pas Jean-Luc Mélenchon a être présent au 2ème tour et ne présage d’aucune dynamique d’entre deux tours. Soyez un peu lucide.
Et Mélenchon n’a pas de bouées pour tout le monde… Il a fait battre Raquel Garrido. Il a fait élire en Ariège : Pannifous, ministre actuel des relations avec le parlement, ainsi que Froger également délgatiste et qui siège au groupe LIOT. Il a envoyé Poutou à Carcassonne bien loin de Bordeaux face à un FN très fort. Il a laissé Hollande et Voynet être élus…
Oui, Jean-Luc Mélenchon considérera que toutes les voix qu’il aura eu seront sur son nom et donc son programme. Il choisiera encore par fait du principe les candidats aux législatives : ceux à mettre à l’index et les gentils macronistes avec bouée qu’il faudra que le peuple de gauche élisent comme Aurélien Rousseau ou le splendide Aurélien Tâché.
Tu l’as dit: nous n’avons pas le même programme. Nous n’avons pas les mêmes valeurs : vous défendez les classes intermédiaires et nous les classes populaires. Il est regrettable que vous avez pour objectif de dire que les militants communistes votent pour vous. Dans ce cas, ils ne respectent pas le mandant militant. Refusez la démocratie pour soutenir l’autocratie de Jean-Luc Mélenchon ; dans ce cas, ils ne sont pas des militants communistes : ce sont des opportunistes adeptes d’alliances électorales avec la social-démocratie.
Personne n’a besoin de démontrer que Mélenchon aurait consciemment voulu « sauver Macron » pour interroger les effets de sa stratégie. En politique, l’analyse matérialiste porte précisément sur les conséquences objectives d’une orientation, pas sur les intentions qu’on prête à ses acteurs. Je te confirme que le front républicain a bien contribué à faire battre des candidats RN en 2024 ; cela ne démontre ni que la stratégie de LFI était la bonne dans son ensemble, ni qu’elle permet de construire une majorité populaire durable.
LFI s’est retirée du deuxième tour notamment pour permettre la réélection d’Elisabeth Borne et de Gérald Darmanin. Pour les législatives de juillet 2024, le décompte de CheckNews de Libération repris par une association d’élus indique que 35 députés du camp présidentiel ont été élus grâce aux désistements de candidats LFI.
La répartition des circonscriptions ont été, par la volonté de LFI (donc de Jean-Luc Mélenchon) très défavorable au PCF et très favorable au PS et aux écologistes. Mélenchon était plutôt pressé de rompre avec Picardie Debout! (violant son accord pour ce parti dans l’investiture de la 80-5 et régler ses comptes avec Hendrick Davi et les insoumis démocrates).
De même, que le NFP soit arrivé en tête en nombre de sièges ne règle pas la question de son hétérogénéité politique, de sa capacité à gouverner ni de la stratégie à suivre pour conquérir le pouvoir. Faire reculer le RN à une élection est indispensable, mais construire une alternative durable au macronisme est une autre tâche.
Sur les voix de Roussel en 2022, elles seraient toutes revenues à Mélenchon si le PCF n’avait pas présenté de candidat. C’est certain. Et ce serait encore plus le cas aujourd’hui vu vos insultes. Rien ne permet d’affirmer que les électeurs communistes auraient tous voté Mélenchon. Le score de Fabien Roussel ne se réduit pas à un réservoir de voix disponible pour un autre candidat. Il exprime aussi l’existence d’un électorat qui souhaite une orientation communiste autonome. Tu l’as dit : nous n’avons pas le même projet énergétique.
C’est fondamental.
Dans son sixième rapport d’évaluation, publié en 2022, le groupe de travail III indique que : L’énergie nucléaire peut fournir de l’énergie bas-carbone à grande échelle. Les écologistes finlandais ont adopté le 24 mai 2026 un programme qui reconnaît explicitement le rôle du nucléaire dans la transition énergétique. Il prévoit notamment :
-de permettre la poursuite de l’exploitation des centrales existantes tant que les autorités la jugent sûre ;
-de ne pas imposer de réglementation inutile empêchant l’utilisation de nouvelles technologies nucléaires ;
-de permettre le développement de petits réacteurs modulaires, y compris pour produire de la chaleur urbaine ;
-de développer parallèlement l’éolien, le solaire, le stockage et l’efficacité énergétique.
Le Vietnam a décidé en novembre 2024 de relancer son programme nucléaire. Le gouvernement vietnamien a ensuite adopté, en mars 2026, une stratégie de développement de l’énergie atomique à usage pacifique :
-construire les centrales Ninh Thuan 1 et Ninh Thuan 2, avec un objectif d’achèvement en 2035 ;
-envisager au moins un projet de petit réacteur modulaire d’ici 2035.
L’Afrique développe le nucléaire. L’Egypte construit la centrale d’El-Dabaa, composée de quatre réacteurs, pour une puissance totale prévue de 4,8 GW. La mise en service du premier réacteur est annoncée pour 2028. Le Ghana et le Kenya travaillent avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à la préparation de leurs infrastructures nucléaires, notamment pour le financement de la construction et la mise en service de petits réacteurs modulaires (SMR). Plusieurs pays africains étudient aussi le développement du nucléaire civil ou préparent un éventuel programme, avec des niveaux d’avancement variables. Le Nigeria, l’Ouganda, le Rwanda et la Zambie travaillent à la préparation technique et institutionnelle de leurs projets, notamment en matière d’infrastructures et de coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Le Maroc, l’Algérie et la Tunisie s’intéressent également aux possibilités offertes par cette énergie. Le Niger développe une coopération dans le domaine nucléaire civil, tandis que le Sénégal et la Tanzanie ont exprimé un intérêt pour la production d’électricité nucléaire. Enfin, la Namibie et l’Éthiopie envisagent cette option à plus long terme.
La Chine travaille sur plusieurs technologies dites de quatrième génération, qui visent notamment à mieux utiliser les ressources fissiles, à améliorer certaines caractéristiques de sûreté et à réduire les déchets à vie longue. Les deux filières les plus avancées à distinguer sont les réacteurs à haute température refroidis au gaz et les réacteurs rapides refroidis au sodium. La Chine poursuit aussi des recherches sur les réacteurs à sels fondus, notamment ceux qui pourraient utiliser des combustibles à base de thorium.
Orano dispose également de capacités d’enrichissement à l’usine Georges-Besse II, dans la Drôme, et développe la valorisation de l’uranium recyclé. Il faut néanmoins vérifier les contrats et les volumes les plus récents avant d’affirmer que la dépendance à la Russie a totalement cessé. Orano estime qu’environ 96 % de la masse du combustible usé est constituée de matières potentiellement valorisables. Cela ne signifie pas que 96 % du combustible est effectivement recyclé et réutilisé aujourd’hui : il s’agit d’un potentiel de valorisation des matières, pas du taux de recyclage industriel effectif. Le recyclage permet d’économiser de l’uranium naturel et de mieux utiliser les matières déjà extraites.
Comment Jean-Luc Mélenchon peut garantir, à chaque étape de la transition, l’électricité nécessaire à une réindustrialisation ambitieuse sans compromettre la sécurité d’approvisionnement, si l’on renonce aux nouveaux réacteurs nucléaires ?
C’est là notre désaccord de fond. Pour moi, le problème n’est pas simplement de réunir les appareils de gauche derrière le candidat le mieux placé : puis nous verrons la suite.
Il est de reconstruire une force populaire organisée autour du monde du travail, capable de porter un projet de rupture avec la domination du capital. Une présidentielle peut contribuer à cette construction, mais elle ne saurait s’y substituer.
Et je te rejoins sur la nécessité de convaincre celles et ceux qui se détournent du vote.
Justement : cela suppose de leur proposer autre chose qu’un nouvel appel à voter pour le moins mauvais candidat au second tour. Il faut leur redonner des raisons de se mobiliser, de s’organiser et de croire que leur intervention collective peut réellement changer les rapports de force.
Notre désaccord ne porte donc pas sur la nécessité de battre le RN ou de redonner de l’espoir. Il porte sur les moyens d’y parvenir et sur la force politique capable de transformer cet espoir électoral en conquête sociale durable.
Sors de ce corps, Cartman ! Alors, c’est donc toi, camarade, qui distribues les certificats de communisme ? Tes militants sauront qu’ils risquent l’excommunication s’ils votent Mélenchon…
Mais puisque tu distribues aussi les certificats d’opportunisme, regardons qui, en juin 2024, a réellement renoncé à des candidatures pour rendre possible le NFP, ce front que Roussel disait vouloir construire « de toute son énergie » pour battre l’extrême droite.
LFI est passée de 326 investitures en 2022 à 229 en 2024 : 97 de moins. Le PCF, lui, a conservé ses 50 places.
Alors, quand tu reproches à LFI d’avoir « donné la soupe au PS », tu oublies que le PCF a signé l’accord de candidatures uniques. Et si laisser des circonscriptions à ses partenaires, ou se désister au second tour pour faire perdre le RN, prouve qu’on préfère les sièges à la victoire, tes propres critères se retournent surtout contre le PCF…
Tu convoques ensuite l’Afrique et l’Asie pour ton obsession du nucléaire comme si deux continents avaient tranché le débat. Regardons donc les faits : parmi les quinze pays africains cités par l’AIEA, six affichent une échéance ; dans l’ASEAN, quatre des cinq pays concernés en annoncent une. Mais ce sont surtout des objectifs de mise en service dans les années 2030, pas des chantiers déjà lancés! Et certains calendriers restent des propositions : celui du Nigeria n’apparaît même pas dans son plan électrique officiel de 2024 ; celui de la Thaïlande figure dans un projet de plan…
L’AIEA estime qu’un premier programme demande dix à quinze ans de préparation et engage le pays pour au moins un siècle!!! Elle compte aussi le réseau électrique et la participation des parties prenantes parmi les conditions à traiter. Alors, ces réseaux peuvent-ils accueillir les réacteurs ? Qui décide, qui finance, qui maîtrise la technologie et qui contrôle les coûts, les risques et les déchets ?
Le Vietnam s’engage avec la Russie pour sa première centrale ; en Égypte, le crédit russe finance 85 % des contrats d’El-Dabaa. Si pour toi, ça ne pose pas la question de la souveraineté, c’est pour le moins une dépendance concrète à examiner, avec une question démocratique qui ne disparaît pas derrière un drapeau planté sur le chantier!!!
Alors, tu peux aligner les réacteurs chinois de quatrième génération et brandir les « 96 % » d’Orano : ça ne tranche toujours pas le débat démocratique!!! « Potentiellement valorisable » ne veut pas dire effectivement recyclé, et une technologie annoncée n’est pas une garantie d’approvisionnement…
Spécifiquement sur Orano, entre le dossier Uramin et le bras de fer judiciaire avec le Niger autour de Somaïr, ses activités rappellent que le nucléaire, ce sont aussi des rapports de pouvoir, des ressources disputées et des décisions qui engagent pour longtemps!!! Voilà pourquoi ce n’est pas un débat réservé aux experts en physique nucléaire : JE TE L’AI DEJA DIT CAMARADE, c’est à la démocratie de choisir quelle énergie, pour quels besoins et sous quel contrôle!
Quant à Mélenchon… il n’est le garant magique de rien du tout.. La garantie doit venir d’une planification démocratique et écologique, guidée par la Règle verte et la sobriété : décider collectivement ce qu’on réduit, ce qu’on développe et dans quelles limites… je me répète encore ici. Ne lis tu donc pas ce que je te reponds ????
L’objectif n’est pas la « réindustrialisation ambitieuse » pour elle-même, contrairement à ce que tu sembles penser ! L’enjeu c’est de répondre aux besoins tels que le peuple les définit, sans grêver la survie des générations futures !!!!
Alors non, camarade : ta conclusion est au mieux à côté, au pire caricaturale. Réduire la stratégie de LFI à un nouvel appel à voter pour le « moins mauvais » au second tour, c’est commode mais les caravanes populaires, le porte-à-porte et l’inscription des non-inscrits visent précisément autre chose : aller chercher celles et ceux que la gauche ne mobilise plus autours d’un vrai projet de rupture !
Alors non, tout les faits indiquent que notre désaccord ne porte pas sur la méthode: Le PCF fait de sa candidature autonome et de sa différenciation avec LFI un pari central et c’est bien cela qui interroge sur sa finalité!!! car les commentateurs soulignent bien le risque de fractionner une gauche déjà faible… pourquoi faire ? Continuer à distribuer la soupe à un parti moribond!
Tu peux défendre ça par loyauté si tu veuc… mais assume-le jusqu’au bout, au lieu de caricaturer la stratégie de LFI puis de te cacher derrière un projet de rupture dont tu n’expliques pas en quoi cette division le rendrait plus accessible!!!
Cher Carlos H,
Tu invoques la démocratie, pour la piétiner. En fait, par autoritarisme lié à ton mouvement, tu sembles surtout la reconnaître lorsqu’elle aboutit aux conclusions politiques que tu souhaites imposé au peuple de manière très verticale. Tu reproches au PCF de présenter un candidat autonome, alors que cette orientation a été soumise aux communistes et approuvée par 72 % des suffrages exprimés. Au nom de quoi faudrait-il que les militants communistes s’alignent sur la candidature de Mélenchon ? La liberté de vote de chacun n’implique pas que le PCF doive renoncer à son orientation collective. Elle oblige sinon quel intérêt d’être dans un parti.
Et puisque tu parles d’excommunication, parlons aussi de la pratique politique de ton propre camp. Le PG de Mélenchon et LFI ont connu des exclusions, des désactivations de votre plate-forme, la dissolution par courriel de groupe d’action, des départs de militants et des départs qui ont notamment contribué à la création de L’Après. Il est donc assez singulier de dénoncer une prétendue police du communisme au PCF tout en passant sous silence les pratiques d’organisation de LFI. Je ne demande à personne de distribuer des certificats de communisme, mais je refuse que l’on transforme le droit des communistes à choisir leur stratégie en faute morale.
Tu es un insoumis. Tu soutiens une organisation social-démocrate populiste. En quoi tu as un droit d’ingérence au sein du PCF ? Le PS ou les écologistes ne disent pas la messe aux communistes. Pourquoi le faîtes vous ? Vous n’êtes pas communiste. Point. Assumez votre adhésion au populisme de gauche et assumez vous comme tel.
Sur les législatives de 2022, ton raisonnement sur les investitures ne tient pas davantage lieu d’analyse des rapports de force. LFI avait obtenu davantage de circonscriptions que le PCF, mais cela ne signifie pas qu’elle ait consenti les concessions les plus importantes. Il faut regarder quelles circonscriptions ont été attribuées, lesquelles étaient réellement gagnables et quels rapports de force politiques ces choix traduisaient.
Le PCF avait obtenu un contingent théorique de 50 circonscriptions, mais toutes ne se sont pas traduites par des candidatures communistes : dans l’Oise, une circonscription est revenue à Génération.s et, dans le Val-d’Oise, une autre à la GRS. Comme les 50 otages à Nantes, le chiffre est en réalité 48.
Surtout, le problème ne se résume pas à compter les investitures. LFI a conservé des positions stratégiques et n’a pas permis au PCF de disposer d’un nombre de circonscriptions gagnables à la hauteur de son ambition de constituer un groupe parlementaire. C’était l’objectif de Jean-Luc Mélenchon : dont acte.
André Chassaigne pourrait te parler de la violence et de la vulgarité de ton candidat à la présidentielle qui joue aux gentils de temps en temps ; mais est comme tu le démontres dans tes écrits : sectaire et violent. Je pointe que LFI refuse le référendum sur le nucléaire. Et tu as fait la démonstration d’un fanatisme et que seule votre idée est juste. Aucun accord n’est donc possible pour consulter la population. Comme pour les traités européens, seule votre réponse est juste et entendable.
Regardons, par exemple, la 2e circonscription de la Haute-Vienne : le PCF souhaitait y présenter un candidat, dans un territoire de tradition communiste, mais l’accord a finalement bénéficié au PS. Ce type d’arbitrage pose une question politique très concrète : l’unité se construit-elle en donnant à chaque composante les moyens de peser, ou en utilisant le rapport de force électoral pour marginaliser un partenaire ? On peut défendre l’accord de 2022, mais pas faire comme si sa répartition avait été politiquement neutre. Le PCF a aussi participé au NFP en 2024. Il ne prétend donc pas que tout accord avec le PS serait une trahison : c’est plutôt le double discours de LFI qui parle de trahison mais qui signe et signera avec le PS et avec Place Publique de Glucksmann. Mais un accord électoral ne signifie pas que les communistes doivent abandonner leur autonomie présidentielle ni renoncer à défendre une autre orientation économique. L’unité n’est pas l’effacement d’un parti derrière un autre.
Venons-en maintenant à l’énergie, puisque tu y reviens avec insistance.
Je ne nie ni les contraintes techniques, ni les besoins d’investissement, ni les questions de déchets, de réseaux ou de financement. Mais tu poses ces questions pour le nucléaire sans appliquer la même exigence au système énergétique que tu proposes de lui substituer. Tu as d’ailleurs ainsi dévoilé le fanatisme anti nuke caricatural.
Le programme de LFI vise le passage à 100 % d’énergies renouvelables en 2050 et la sortie du nucléaire, avec l’abandon des projets d’EPR. Dont acte. C’est votre choix et non pas d’organiser un référendum pour trancher le sujet. Je l’ai déjà dit ; votre position n’est pas nouvelle : elle était déjà dans votre programme en 2022. Vous auriez pu imaginer revenir dessus pour trouver un accord avec le PCF. Non. Dont acte. Vous voulez organiser la sortie au plus vite, comme Sandrine Rousseau. Dont acte.
Comme les écologistes et Génération.s, deux autres formations social-démocrates, vous misez sur le déploiement massif des renouvelables, la sobriété, l’efficacité énergétique et des moyens de gestion des variations de production. Très bien : mais il faut alors démontrer comment ce système assurera, à chaque instant, une alimentation électrique fiable pour les ménages, les hôpitaux, les transports, les réseaux numériques et une industrie que nous prétendons développer.
Comment répondre vu les vagues de chaleur à la production d’air frais dans les hôpitaux, les écoles, les crèches, les hospices etc.
Le solaire ne produit pas la nuit. L’éolien dépend des conditions météorologiques : quasi rien en canicule. L’hydraulique pilotable est précieux, mais son potentiel supplémentaire est limité par la géographie, les installations existantes et les contraintes environnementales. Le stockage, les réseaux, les interconnexions et l’hydrogène peuvent contribuer à l’équilibre du système, mais ils ont des coûts, des délais, des pertes de conversion et des besoins matériels. L’hydrogène bas-carbone ne constitue pas aujourd’hui une solution universelle permettant de stocker sans limite les excédents électriques et de les restituer au moment voulu.
Ce n’est pas une profession de foi pro-nucléaire : c’est une question de bilan physique. Il faut établir comment on passe d’un système disposant d’une production nucléaire pilotable à un système entièrement renouvelable, sans pénaliser l’approvisionnement industriel, sans faire exploser les investissements et sans devoir compenser les déficits par des importations d’électricité ou de combustibles fossiles. Une promesse pour 2050 n’est pas encore un scénario industriel démontré.
Tu n’as d’ailleurs pas lu le plan climat du PCF. Tu verrais que le travail de la commission écologie du PCF a été un vrai travail. C’est un vrai plan et cela répond aux besoins sociaux. Mais, tu nous vois caricaturalement comme juste devait participer à votre folkore et coller vos affiches en ayant aucune autonomie par rapport à la social-démocratie qui se prétendant populiste serait radicale. J’ai voulu démasquer la violence caricaturale de ton prétendu anti productivisme. J’ai touché au mil.
Et ne me réponds pas simplement que la sobriété résoudra tout.
La sobriété peut réduire les gaspillages et les consommations inutiles ; elle est indispensable dans bien des domaines. Mais si elle devient la variable d’ajustement d’un système incapable de fournir l’énergie nécessaire, elle peut aussi se traduire par une limitation de la production, des équipements, des déplacements et des usages populaires. Il faut alors dire qui devra réduire quoi, selon quels critères et avec quel pouvoir de décision. Ce n’est pas une question secondaire : c’est une question de classe. La France a besoin d’une électricité abondante, décarbonée, fiable et accessible pour décarboner ses transports, son chauffage et ses procédés industriels.
La réindustrialisation ne signifie pas produire toujours plus de marchandises inutiles. Une voiture est pour beaucoup de ménage pas du luxe mais une dépense d’équipement. Oui, elle signifie aussi produire en France les biens et les équipements nécessaires aux besoins sociaux, à la transition écologique et à notre autonomie productive. Si nous renonçons à des capacités industrielles et énergétiques, nous ne supprimons pas nécessairement les productions correspondantes : nous pouvons simplement les importer, avec les émissions, les dépendances et les rapports d’exploitation déplacés ailleurs.
C’est là que notre désaccord est politique.
Tu présentes la règle verte et la sobriété comme des garanties démocratiques. Mais une règle écologique ne peut pas devenir une règle supérieure qui soustrairait les choix collectifs à la délibération populaire. La règle d’or budgétaire prétendait elle aussi encadrer les décisions au nom d’une contrainte présentée comme objective. Les limites physiques existent, bien entendu ; elles doivent éclairer les décisions démocratiques, pas servir à disqualifier par avance les choix du peuple. La planification doit permettre de décider collectivement des besoins, des moyens de production et des priorités, non sanctuariser une orientation économique derrière une formule. C’est précisément pourquoi le PCF propose un mix énergétique public et décarboné, combinant nucléaire et renouvelables, avec une croissance de la production électrique. Il défend un pôle public de l’énergie, la renationalisation d’EDF et d’Engie, la nationalisation de TotalEnergies et un pôle financier public capable d’orienter le crédit vers les investissements industriels et écologiques. Il ne suffit pas de proclamer qu’il faut investir : il faut prendre le pouvoir sur l’argent, les entreprises et les choix d’investissement. Le crédit bancaire et les profits énergétiques doivent servir les besoins sociaux, pas la rentabilité des actionnaires.
LFI ne propose pas la même stratégie énergétique, et elle ne porte pas le même projet de nationalisation de TotalEnergies et des grandes banques. Cette différence n’est pas un détail. Elle touche à la maîtrise des ressources, à l’allocation du capital et à la capacité de financer durablement une politique de production.
Et puisque tu parles de souveraineté, ne confondons pas tout. La souveraineté est un principe politique et juridique ; l’autonomie énergétique est une capacité matérielle. Elle dépend de nos moyens de production, de nos compétences, de nos infrastructures, de nos approvisionnements et de notre aptitude à financer et maîtriser nos choix. Supprimer le nucléaire ne garantit nullement de réduire les dépendances. Un système renouvelable exige lui aussi des équipements, des matériaux, du stockage et des réseaux. Si nous ne maîtrisons pas leur production, nous pouvons remplacer certaines dépendances par d’autres.
Quant au financement étranger, il n’est pas une fatalité propre au nucléaire.
Il faut regarder les modalités de financement, les contrats, la maîtrise technologique et les capacités nationales. Mais le refus de construire des moyens pilotables ne fait pas disparaître le besoin d’investissement : il le déplace. Et si les capacités nationales ne suivent pas, les importations peuvent devenir le palliatif d’une insuffisance de production. Dans un contexte de tensions géopolitiques, de volatilité des marchés et de dépendance au gaz naturel liquéfié importé, ce n’est pas une question abstraite. Le matérialisme, donc l’orientation du parti communiste français, consiste justement à partir des conditions réelles de la production, des besoins et des rapports de propriété. Le matérialisme n’est pas le consumérisme que défend la social-démocratie. Il ne consiste pas à opposer une bonne intention écologique à une mauvaise industrie, ni à croire qu’une formule programmatique résout les contradictions matérielles. La question est de savoir quelle organisation sociale peut produire l’énergie nécessaire à la transformation écologique, sans soumettre les travailleurs à la logique du capital ni les besoins populaires aux pénuries.
Enfin, tu me reproches de faire de la candidature autonome du PCF un pari central.
Oui, c’est un choix politique, et il doit être jugé sur sa capacité à reconstruire une force communiste organisée dans le monde du travail. Mais ton raisonnement revient à demander aux communistes de renoncer à leur propre stratégie au motif qu’une candidature commune serait forcément plus efficace. Ce n’est pas une démonstration, c’est un postulat. Tu ne veux pas du socialisme. Nous avons adopté ce processus pour la transformation sociale. Nous avons un projet : communisme de conquête. Cela n’est pas le votre. Votre vision est postkeynésienne. Vous représentez des couches sociales plutôt favorisées indifférente à la production industrielle etc. Dont acte.
Vu tes positions extrêmes pour défendre ta FI, je ne voterai donc pas LFI, ni au premier ni au second tour, et j’en prends acte. Idem pour les législatives. Je considère que votre orientation énergétique domatique est incompatible avec le projet de production, d’emploi et de réindustrialisation que je défends. Je ne veux pas d’une politique qui, au nom d’une sobriété érigée en principe général, risque de limiter les capacités productives du pays et de déplacer nos dépendances vers des importations.
Si LFI veut convaincre les travailleurs, qu’elle assume clairement son calendrier de sortie du nucléaire, les investissements qu’il suppose, les moyens de garantir la continuité électrique et les conséquences possibles pour les tarifs, l’industrie et l’emploi. Les Français ont le droit de connaître ces arbitrages avant de voter.
Le PCF, lui, défend une autre voie : la maîtrise publique de l’énergie, un mix décarboné combinant nucléaire et renouvelables, la nationalisation des secteurs stratégiques, un pôle financier public et une planification démocratique de la production. Ce n’est pas une obsession identitaire ni une querelle de chapelles. C’est un choix de classe sur la manière de produire, de financer et de décider.
La question n’est donc pas de savoir qui distribue des certificats de communisme. LFI n’est pas un parti communiste et ne prétend pas l’être ; il a été fondé par des sociaux démocrates, d’une scission de gauche du Parti socialiste, par des admirateurs et soutiens dans ce parti de François Mitterrand et de Lionel Jospin.
LFI est donc parfaitement utile à la bourgeoisie réactionnaire qui ne veut pas d’un processus de démocratie avancée socialiste et a besoin d’un diable de confort.
Elle est de savoir quel projet permet aux travailleurs de reprendre le pouvoir sur la production et sur l’utilisation de la richesse qu’ils créent. Pour moi, c’est ce qui distingue une stratégie communiste d’une stratégie populiste qui, malgré ses ambitions de rupture, reste sur une autre conception de la transformation sociale.
As tu le droit de refuser de voter pour un projet de gauche de rupture autre que celui du PCF ? Bien évidemment… Personne ici, je pense, n’envisage une seconde de te faire changer d’avis! Les communistes ont-ils le droit de choisir leur stratégie ? Une nouvelle fois, évidemment… et ne t’en déplaise, certains de tes camarades pourraient bien choisir de privilégier une 6ème république sociale et écologique, légitimement établie à l’issue d’une constituante, qui les rapprocherait de leur société idéale… l’effort pour y arriver n’en serait alors que plus envisageable ! Mais ce n’était pas la question que je posais : En l’état, à quoi sert politiquement une candidature autonome du PCF, et comment évite-t-elle de diviser davantage une gauche déjà faible ? Pour moi, une décision collective légitime peut servir des desseins plus sordides… Mais tu le sais déjà puisque tu accuses des mêmes maux le parti des insoumis.
Tu appelles de l’« ingérence » le fait de t’indiquer qu’en toute fin, les électeurs n’appartiennent à personne, puis tu m’expliques que je suis un insoumis, un populiste, un fanatique, un représentant de couches favorisées et tu annonces que tu ne voteras LFI ni au premier ni au second tour. Et bien ça me rassure car je compte bien sur le fait que tu fasses preuve de la même ferveur lors des premières manifestations après la prochaine élection présidentielle… Ce sera soit pour combattre la politique « socedem », trop à droite, du premier gouvernement de gauche de rupture et peut-être que tu réussiras se faisant à l’orienter plus à gauche encore! (je compte bien sur la rue pour aller toujours plus à gauche)… Soit ce sera pour combattre la politique raciste et élitiste du premier gouvernement d’extrême droite et peut-être auras tu alors la fierté de raconter à tes petits enfants que tu avais assisté à la dernière grande manifestation que la France connue…
Sur l’effort qu’il a fallu fournir pour les dernières investitures du NFP, tes nuances sur le contingent du PCF ne changeront pas le fait que ce sont les violents sectaires de LFI qui ont fait preuve de responsabilité pour garantir la réussite de cette fameuse « union » dont en réalité, aucun des sympathisants LFI ne voulaient du fait de la présence du PS! Tu peux contester ce que cela signifie politiquement… à savoir que le PCF a fait passé son intérêt avant celui de la bataille contre le RN… mais tu ne peux pas faire comme si la question n’existait pas.
Et sur le nucléaire sur lequel tu reviens perpétuellement, le désaccord mérite mieux comme conclusion que « fanatisme », « caricature » et procès en autoritarisme… Sans avoir besoin qu’on y revienne car en vérité, tout a déjà été dit! En effet, la sobriété, les EnRs, la décroissance et la règle verte ne sont pas censés remplacer la démocratie, mais affirmer au contraire que la question des choix collectifs sur les besoins, la production et les limites écologiques n’a jamais été aussi prégnante qu’au moment ou l’humanité toute entière risque de voir disparaître le seul écosystème compatible avec la vie humaine!
Au fond, ton insistance sur l’autonomie du PCF éclaire ce que peut-être tu aurais voulu laisser dans l’ombre: tu la présentes comme un moyen de reconstruire une majorité, mais tu ne montres pas comment le refus de tout soutien à LFI y contribuerait. Tu ne défends pas seulement le droit du PCF à exister… ce que finalement personne ne le lui conteste. .. Tu défends une stratégie de séparation.! Assume-la comme telle, et démontre en quoi elle rapproche la gauche radicale du pouvoir au lieu de simplement la partager en camps irréconciliables.
@ Carlos H
Le fait vérifiable est donc le suivant : dans le dernier sondage Harris Interactive recensé, Mélenchon obtient 33 % face à 67 % pour Le Pen. Cela permet de relativiser l’idée selon laquelle la dynamique électorale de LFI suffirait, à elle seule.
Tu es éco-socialiste. Tu refuses les orientations du 40ème Congrès du PCF pour la souveraineté populaire et pour le socialisme. Tu t’opposes avec la pire violence verbale et beaucoup d’énergie au plan climat empreinte 2050. Tu es fière de Sophia Chikirou et de Rima Hassan. Tu colportes des mensonges contre Fabien Roussel… et tu continues !
Audiard a dit, les bips cela ose tout! Tu oses tout.
Tu sembles oublier un élément essentiel : le PCF a débattu de son orientation, l’a soumise à son Conseil national, à sa Conférence nationale, puis au vote de ses militants. Evidemment, Jean-Luc Mélenchon a créé LFI un mouvement vertical et gazeux dont il tire les ficelles pour éviter de rendre des comptes aux militants comme avec le PG ou au PS.
Fabien Roussel porte donc un mandat militant issu de ce processus démocratique. C’est cela, la démocratie communiste : le débat, la décision collective et la mise en œuvre d’une orientation adoptée par les adhérents. Ton objectif est que des membres du PCF, de sa minorité, fasse scission pour LFI. Ils assumeront leur choix.
En 2022, effectivement, certains élus du PCF ont tiré dans le dos des militants. Je pense à Sébastien Jumel qui a appelé à voter Jean-Luc Mélenchon à la demande de son copain François Ruffin. Cela n’a pas empêché Sébastien Jumel d’être battu par le RN. Cela n’a pas empêché Mélenchon qui excluait Cédric Maisse l’insoumis d’Amiens Insoumis en 2020 en allant dans la cuisine de François Ruffin de se brouiller avec ce dernier après avoir dit qu’il fallait faire mieux et qu’il était prêt à passer la main. Ce n’était pas le cas : ils ont rompu. Nous avons vu ce que l’éco socialiste sincère Hendrik Davi a été désinvesti en 2024 et qu’un candidat LFI a été présenté contre lui : son crime parler de démocratie à LFI.
La position de LFI sur la laïcité est ambiguë. Henri Pena Ruiz s’est éloigné de Jean-Luc Mélenchon qui cultive une ambiguïté malsaine. Il vous disait de faire mieux les benêts de LFI en 2022. Tu essayes de faire mieux et donc tu essayes de convaincre des personnes de voter pour le projet populiste pour que Jean-Luc soit Président comme Tonton François.
Au nom de quelle conception de la démocratie faudrait-il que les communistes abandonnent leur décision collective pour se rallier à celle de LFI ? À quoi servent les votes militants si leur résultat ne vaut plus dès lors qu’une autre formation estime avoir une meilleure stratégie électorale ? L’autonomie du PCF n’est pas un caprice personnel de Fabien Roussel : elle procède d’un choix politique collectif. La réduire à une volonté de division, c’est méconnaître le fonctionnement démocratique d’un parti.
Nous sommes pour l’écologie et pour le socialisme. Vous êtes pour l’éco-socialisme, donc le capitalisme moral et la sobriété pour engager la décroissance du PIB de la France.
Tu invoques ensuite la VIe République et une constituante comme si l’élection de Mélenchon devait mécaniquement ouvrir cette perspective. Personne peut le croire. En 2012, pourquoi pas, comme le Plan A et Plan B. Mais aujourd’hui. Ce n’est pas bien vu tout ce qui s’est passé à LFI de nous faire croire à une 6ème République : Raquel Garrido, Alexis Corbières, Clémentine Autain etc. ont été dégagés. Rien ne permet de tenir pour acquis qu’une constituante serait convoquée dès le 3 mai 2027, ni que les institutions proposées renforceraient effectivement le pouvoir populaire. Il faut examiner les engagements, leur calendrier et les moyens de les mettre en œuvre. Et il faut aussi regarder la pratique de LFI : un mouvement très vertical peut-il garantir, à lui seul, un Parlement doté de pouvoirs renforcés, y compris lorsque ses décisions contredisent celles de son dirigeant ?
Les rapports de Mélenchon avec Pierre Laurent, puis avec Olivier Faure, posent également une question politique : celle de la conception du rassemblement et de la place laissée aux partenaires : violence et subordination politiques. On ne peut pas réclamer des autres qu’ils fassent des concessions tout en exigeant qu’ils s’alignent sur une candidature et une stratégie décidées ailleurs. Le rassemblement suppose des compromis réciproques, pas une discipline imposée à ceux qui ne sont pas membres de son propre mouvement.
Sur le fond économique, nos divergences sont encore plus importantes. Le PCF défend une transformation de la production, des pouvoirs nouveaux pour les salariés, la réindustrialisation, la maîtrise publique de l’énergie et du crédit, ainsi que des nationalisations stratégiques. Il ne s’agit pas simplement de redistribuer les richesses produites par le capitalisme, mais de modifier les conditions dans lesquelles elles sont produites, les décisions d’investissement et le pouvoir sur l’économie.
C’est pourquoi les choix énergétiques et industriels ne sont pas secondaires. Fermer les centrales nucléaires sans démontrer comment garantir durablement une production électrique suffisante, pilotable et décarbonée pose une question matérielle. Nationaliser ArcelorMittal tout en renonçant à reconstruire une capacité industrielle de production d’acier pose une question de cohérence. Défendre la transition écologique sans mettre en cause le pouvoir du capital financier et des grands groupes énergétiques pose une question de stratégie. Une politique industrielle ne se juge pas à ses intentions vertes, mais à sa capacité à répondre aux besoins sociaux et à transformer les rapports de production. De même, laisser le crédit et les grandes entreprises stratégiques aux mains d’intérêts privés tout en espérant les convaincre d’agir pour l’intérêt général ne constitue pas, en soi, une rupture avec le capitalisme. La question est celle des pouvoirs réels sur l’investissement, l’emploi, la production et l’affectation des richesses. C’est sur ce terrain que se mesure la portée transformatrice d’un programme.
L’expérience de François Hollande devrait justement nous inciter à la prudence. En 2012, il promettait de réorienter la construction européenne et de renégocier le pacte budgétaire. Le compromis finalement obtenu sur la croissance n’a pas empêché la poursuite des politiques de discipline budgétaire. Une volonté affichée de réorientation ne suffit pas lorsque les rapports de force institutionnels, financiers et économiques restent inchangés. Une nouvelle majorité devra donc préciser comment elle entend affronter ces contraintes, et non simplement annoncer qu’elle les dépassera. Il en va de même du déficit excessif et des marchés financiers : un gouvernement qui entend engager une transformation sociale devra assumer les conflits politiques et économiques que cela implique. Il ne suffira pas de promettre des dépenses supplémentaires. Il faudra modifier les critères du crédit, les conditions d’attribution des aides publiques, les priorités d’investissement et les pouvoirs des salariés. C’est précisément ce que le PCF cherche à mettre en débat. Enfin, je ne prétends pas que LFI ne défend aucune mesure sociale utile. Mais une politique de redistribution et de dépenses publiques, même ambitieuse, ne se confond pas automatiquement avec une transformation socialiste des rapports de production. Le post-keynésianisme peut chercher à corriger le fonctionnement du capitalisme sans remettre en cause le pouvoir de ceux qui possèdent le capital. C’est une divergence politique sérieuse, qui mérite mieux que des caricatures sur la nostalgie communiste.
Tu me reproches de ne pas vouloir rassembler. Mais rassembler ne signifie pas renoncer à ses convictions, effacer les décisions de ses militants ou abandonner son programme pour rejoindre la force électoralement la mieux placée. Il faut être capable de débattre, de négocier, de faire des concessions réciproques et de respecter les choix démocratiques de chaque organisation. Je défends donc l’autonomie du PCF, son mandat militant et la nécessité d’une véritable rupture avec le pouvoir du capital. Tu défends une autre stratégie, centrée sur LFI et Mélenchon. Très bien : confrontons les programmes, les pratiques démocratiques, les moyens économiques et les perspectives de transformation sociale.
Mais ne viens pas expliquer aux communistes qu’ils doivent abandonner le choix démocratique de leurs militants au nom d’une unité dont les conditions seraient définies par une autre organisation. Ce serait une bien étrange conception de la démocratie et du rassemblement populaire. Les électeurs qui le veulent peuvent rallier le front de classe du PCF.
Bien… je ne vais pas me répéter éternellement mais le sujet de cette élection présidentielle, ce n’est ni toi, ni moi, et il est évident que ton vote est acquis à Roussel au 1er tour, et de ton propre aveu tu t’abstiendras au second… Quant à moi, je voterai LFI au premier et au second tour… du moins les choses se présentent elles ainsi. Sois assuré que je n’ai littéralement aucune ambition de te faire changer d’avis… tout débat serait donc vain. Par contre ce qui m’intéresse, ce sont les precaires à qui il faut redonner espoir pour éviter un raz de marée capitalofasciste en 2027.
De fait, je ne mérite pas tous les efforts que tu déploies pour tenter d’affirmer la pureté socialiste et la supériorité du programme du PCF sur celui défendu par LFI… c’est pourquoi je te soumets l’idée, loin d’envisager une quelconque ingérence dans la stratégie du PCF, de convaincre les abstentionnistes précaires que la seule vraie manière pour eux d’établir un rapport de force avec ceux qui les enfoncent dans la misère c’est de se déplacer aux urnes à la présidentielle et de voter pour Roussel… c’est en tous cas, ce que je fais de mon côté en les invitant à ne pas renoncer à la seule manière de faire entendre leur voix efficacement, Roussel en moins évidemment.
Je vais quand même le dire : Merci à nos jeunes de prendre conscience du futur qui ne sera pas un long fleuve tranquille si les branquignols qui nous dirigent reste au pouvoir.
La jeunesse qui ouvre la voie aux anciens, j’ai déjà vécu cela, il ne faudra pas nous laisser couillonner, une nouvelle fois, par notre bourgeoisie accapareuse qui ne pensent qu’à sauver ses privilèges.
Des revendications intelligentes qui se heurtent au mur du pouvoir, économique, et politique, que nous leur avons donné au nom de la souveraineté du peuple, que nous devons nous réapproprier !
En 2027, ou jamais !